samedi,26 septembre 2020
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Conseils locaux: dérogation aux rassemblements de plus de 10 personnes et risque de propagation de la covid-19

Le gouvernement, par le truchement du ministère de l’Intérieur vient de prendre un arrêté permettant aux conseillers municipaux et départementaux de se réunir de façon provisoire pour les sessions ordinaires et extraordinaires. Une autorisation expresse qui donne ainsi le quitus à ces personnalités de tenir des réunions à plus de 10. De cette  façon, les conseillers locaux outrepassent de façon sublime une interdiction gouvernementale. Ce qui aura pour effet non seulement de risquer des éventuelles contaminations pendant lesdites réunions mais qui surtout fait le lit au deux poids deux mesures en interdisant à certains des dérogations pour poursuivre leurs activités professionnelles et en refusant à d’autres de jouir de leurs droits les plus fondamentaux. 

C’est par le biais d’un arrêté N°00283/MI complétant les dispositions de l’article 2 de l’arrêté 000165/MI du 13 mars 2020 portant interdiction provisoire de rassemblements parvenu à la rédaction de Gabon Media Time que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Lambert Noël Matha a donné son aval pour que puissent se tenir des rassemblements pour le cas exceptionnel des conseillers municipaux et départementaux. 

Ledit document précise en son article 2 que désormais l’arrêté 000165/MI du 13 mars 2020 portant interdiction provisoire de rassemblements est complété par un article 2 ter ainsi libellé. L’article 2 ter en ce sens dispose que « l’interdiction prévue à l’article 2 de l’arrêté susvisé ne s’applique pas aux Conseillers municipaux et départementaux lorsqu’ils se réunissent en session ordinaire ou extraordinaire », a-t-on pu lire. 

Un arrêté qui fait le lit au deux poids deux mesures 

Audelà du caractère légal de cet arrêté dont la lettre ne souffre d’aucune contestation ou remise en cause, il convient de nous questionner sur l’esprit de cet acte réglementaire qui consacre aux conseillers municipaux et départementaux, le droit de tenir des réunions publiques d’ordinaire interdites en vertue de la loi fixant les mesures de prévention, de lutte et de riposte contre les catastrophes sanitaires votée  le samedi 9 mai 2020 dernier par l’Assemblée Nationale. 

Alors que qu’une dérogation exceptionnelle est accordées aux conseillers municipaux, cette même liberté est confisquée aux Gabonais dans certains aspects de leur vie. Pourtant nombreuses sont les fois où dans la capitale, réunis à plus de 10 en attente qui d’un taxi, qui de TransUrb ou Sogatra, les Gabonais mettent l’exécutif devant les incohérences de sa mesure et de son impossible application au contexte gabonais. 

Pourquoi l’exécutif interdit-il la liberté de culte et de réunion, alors que dans le même temps, les sénateurs et députés se réunissent à plus de dix ?. En quoi ce rassemblement diffère t-il de celui des travailleurs dont les activités sont paralysées ou ralenties en raison de la covid-19 ? Ce sont là des questions que l’opinion peut légitimement se poser. Des Questions qui surtout trahissent le pilotage à vue de la gestion de la pandémie par le gouvernement symbolisé par des mesures inégale et à l’application ambiguë.  

La dérogation accordée par le ministère de l’Intérieur expose d’une certaine façon les populations de l’Intérieur du pays. Cette affirmation trouve son épilogue à la lumière d’un certain nombre de faits. Il est connu de notoriété publique que la tenue des conseils municipaux et départementaux est soumise à une réalité que ne sauraient ignorer nos tenants du pouvoir.  

Une autorisation de réunion vecteur de Covid-19 

Les communes et départements faisant partie de la province de la Nyanga et de l’Ogouée Ivindo n’enregistrent pour l’heure aucun cas testé positif à la covid-19. Avonsnous la certitude que tous les élus locaux de ces deux provinces et même des autres départements du Gabon dans lesquels les réunions devront se tenir vivent tous dans ces provinces, communes et départements ? Certains installés à Mouila, ville déjà contaminée par le coronavirus devront peutêtre se rendre à Mbigou département dans lequel aucun cas n’a à ce jour été enregistré.  

Pire, plusieurs élus locaux appelés à prendre part auxdites sessions ordinaires ou extraordinaires ne sont pas forcément dans le bureau local et que pour la plupart fonctionnaires dans la capitale d’entre eux partiront de Libreville, ville la plus touchée par la pandémie avec 2512 cas testés positifs. En encourageant le trafic humain entre ces différentes localités, et entre le « Grand Libreville » prétendument confiné, l’intérieur du pays, le gouvernement ne participet-il pas à la propagation de la covid-19 ? 

Une interrogation qui trouve sa réponse dans l’un des points de presse du Dr. Guy Patrick Obiang porte-parole Comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre l’épidémie à Coronavirus au Gabon qui avait révélé que les cas dans villes de Mandji, Oyem et Mouila étaient-ce des personnes en provenance de Libreville avec la maladie pour la conduire dans les localités susmentionnées. 

Loin de circonscrire la maladie et de casser la chaine de contamination, Lambert Noël Matha par le truchement de l’arrêté 000165/MI du 13 mars 2020 portant interdiction provisoire de rassemblements complété en son article 2, en contorsionniste juridique  a fait violer par les conseillers locaux, l’interdiction gouvernementale de rassemblement de plus de 10 personnes et participé à sa façon, à la prolifération de la covid-19 dans notre pays. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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