Conseil provincial du Moyen-Ogooué : les vieux démons prennent en otage l’alternance

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Le Conseil provincial du Parti démocratique gabonais (PDG) qui s’est tenu le week-end écoulé à Lambaréné dans la province du Moyen-Ogooué n’a pas fini d’alimenter les conversations au sein de l’opinion. Une messe qui a littéralement tournée au fiasco du fait du manque d’ouverture de certains cadres nostalgiques des vieilles pratiques, malgré les directives du Secrétaire général, Eric Dodo Bounguendza, qui a sifflé la fin de l’accession aux postes de responsabilité du seul fait de «l’allégeance au distingué camarade président» ou du fallacieux prétexte de doyen politique de telle ou de telle autre province.  

Alors que les militants et sympathisants du PDG de la province du Moyen-Ogooué s’étaient donnés rendez-vous, le samedi 11 et  dimanche 12 novembre dernier pour élire les membres du bureau politique, du conseil national et du comité central, cette rencontre s’est vite transformée en véritable guerre de tranchées. Au titre des griefs formulés contre certains hiérarques du parti au pouvoir, le trafic d’influence et comme à l’accoutumé le transport de militants pour peser le jour du vote.

D’ailleurs, certains témoins n’ont pas manqué de fustiger ces comportements qui sont en totale violation de l’ambition du secrétariat général d’ancrer la démocratie dans le processus de désignation des responsables du parti. Il est également reproché à l’organe dirigeante de n’avoir pas mis des gardes-fous pour éviter les travers dont se rendent coupable généralement certains barons du régime. 

Non seulement le jour du scrutin il y a avait une foule de PDGistes qu’on n’a pas vu lors de la présidentielle du 27 août 2016, en plus les enrôlements se poursuivaient sur les parkings alentours jusqu’à midi. Certains militants de la commune de Lambaréné accusent le camp de l’actuel président de l’Assemblée nationale, Richard Auguste Onouviet d’avoir d’une part, transporté des électeurs par centaine depuis Libreville par l’entremise de la Société de transport SGTP, d’autre part d’avoir monnayé leur vote au prix de 20 000 Fcfa l’électeur.

Au vue de ces manigances qui démontraient très clairement la fraude orchestrée un militant dudit parti soucieux d’éviter un fiasco a décidé de casser l’urne avec pour conséquence d’interruption du scrutin. Dans la foulée l’aide de camp du président de l’Assemblée nationale prendra à parti ledit militant lui assénant de coups. Une attitude qui a suscité la réprobation de la foule. Alors que l’agent était là pour assurer la sécurité de la personnalité politique, il s’est curieusement mué en  gardien de l’urne.

C’est donc suite à ces événements dus non seulement à une mauvaise organisation mais aussi à la tendance malsaine qu’on certain acteur politique de vouloir à tout prix s’imposer, que le vote a été annulé, laissant le champ à la hiérarchie du parti de décider sur la suite à donner à ce Conseil provincial.

Il faut d’ailleur déplorer que cette affaire laisse apparaître au grand jour le refus de l’alternance qui anime certains leaders politiques du PDG qui préfèrent mettre à mal la vie du parti dans leurs circonscriptions avec pour risque de faire le lit à l’opposition qui semble déjà prête à en découdre lors des prochaines élections législatives. 

La rivalité entre Richard Auguste Onouviet, le baron de la contré et Joël Ogouma, qui rêve de faire bouger les lignes dans cette province aura peut être une incidence sur la quiétude au sein du parti au pouvoir, mais donnera un coup de pied dans la fourmilière comme voulu par le secrétaire général.

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