Concession Veolia-Seeg: les raisons de la rupture

Siège social de la SEEG à Libreville © D.R

La décision d’arrêter, avant son terme, la convention liant l’Etat gabonais et le partenaire français Veolia sur la concession SEEG serait d’ordre de trésorerie du fait de la crise économique que traverse notre pays depuis  la chute du baril du pétrole. Avance “La Lettre du Continent”, journal français d’informations confidentielles.

Dans sa livraison du 7 mars dernier, La Lettre du Continent fait savoir que  «la rupture de la concession s’inscrit dans un contexte financier tendu au Gabon», L’État gabonais aurait pris cette décision «brutalement» pour «se garantir des devises dans un contexte de récession». Selon le bimensuel, «la reprise temporaire -et manu militari- de cette société par le gouvernement gabonais permet ainsi aux autorités publiques de mettre la main sur une véritable machine à cash».

Malgré ses déboires et son endettement poursuit le journal, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) parvient à dégager chaque année un chiffre d’affaires astronomique de 223 milliards Fcfa, soit environ 18 à 20 milliards Fcfa par mois.

Pour comprendre, il s’agit d’un «volume de recettes non négligeables au moment où les caisses de l’État sont à sec et dont une partie échappait aux régies financières du pays», souligne La Lettre du Continent. Avant de  préciser  que cette décision stratégique a été prise par la présidence de la République et non par le premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet  qui n’en aurait même pas été informé. L’importance de cette décision stratégique a d’ailleurs relevé du côté de la présidence de la République.

Nous apprenons également que «le dossier a été piloté par le directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga», à l’influence croissante et dans une moindre mesure  par le ministre Patrick Eyogo Edzang.

Les raisons de cette rupture paraissent mensongères selon l’hebdomadaire en ligne, «Les autorités gabonaises peinent à avancer des éléments probants à l’appui de leur décision». Dans un premier temps, le ministre de l’Eau et de l’Énergie avait laconiquement invoqué «la dégradation du service aux usagers». Au fil du temps, d’autres éléments non moins importants ont été relevés. Selon le journal français, le jour de la notification, le ministre Eyogo Edzang aurait «laconiquement» invoqué «la dégradation du service public aux usagers»

Notre source avance aussi que  d’autres arguments sont venus se greffer, dont celui de la pollution, avancé le 27 février dernier par le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nzé.

Au regard des révélations de La Lettre du Continent, la question qui se dégage est celle de savoir si le gouvernement gabonais, voudrait récupérer une partie de cette manne  pour régler des problèmes financiers domestiques tel que la dette intérieure, dont le paiement aux entreprises a été annoncé il y a plus de vingt-cinq jours, mais demeure sans suite.

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