Communication et culture en lanterne rouge de la Can

Avec l’organisation de la coupe d’Afrique des nations de football du 14 janvier au 5 février 2017, le Gabon invite l’Afrique et le monde, avait laissé entendre le président Ali Bongo Ondimba le 9 janvier dernier pendant l’inauguration du stade d’Oyem. Ce qui tombe sous le sens.

Mais qu’observons nous dans les faits?
Au delà de la communication traditionnelle qui accompagne le début d’une telle grande compétition sportive : spots publicitaires et affichages, la communication autour des atouts qu’engendre ce grand rendez-vous est complètement aphone.

En jumelant la communication et la culture dans l’organigramme de son gouvernement, le premier ministre, Chef du gouvernement semblait poursuivre quel objectif ? Comprenez l’ironie et la naïveté de la formulation d’une telle question.

N’est-ce pas là l’occasion rêvée, avant et pendant cette CAN, de montrer l’être, le voir et le sentir du Gabon à travers son expression culturelle plurielle très riche et dont les médias du service public devraient assurer naturellement la diffusion ? Rendez-vous manqué.

Rien ou presque ne vend la culture gabonaise à quelques 48heures de cette grande messe du sport roi. Comment ce gouvernement ne peut il pas s’imaginer que l’organisation d’un tel événement qui implique une forte mobilisation financière est aussi un grand et bon carrefour du donner et du recevoir pour vendre la destination Gabon.

N’était-ce pas l’occasion, par exemple, de réanimer le musée national pour montrer à la face du monde l’immensité de la richesse et la forte décharge spirituelle des masques gabonais ou de ses reliquaires dont la 6ème province du Gabon se distingue et nous honnore outre atlantique, le reliquaire kota. Comme nous le rappelle avec une plume nourrie à l’encre du patriotisme Robert Orango Berre dans son livre intitulé « les Arts premiers du Gabon » paru aux éditions Raponda Walker et dont la réputation et la valeur ont donné au musée du quai Branly à Paris, la réputation que le monde entier connaît.

Triste tropique.
Un stand monté à la va vite ou un somnolent et monocolore podium placé ici et là pour meubler un semblant de vide et flatter la physionomie du temps feront certainement partie du décor de la fête… pour justifier une dépense financière, bien sûr.
Rien de réfléchi, de conçu pour mettre notre culture au fait. Où est le versant culturel de cette CAN organisée par le Gabon ? Aucun son de cloche.

Même si on n’aime pas Mba Abessole, mais donnons lui tout de même la communion sans confession pour avoir eu l’ingéniosité de créer la fête des cultures… Nos jeunes arrivés en politique n’arrivent pas à faire mieux.
L’absence de l’accent culturel à cette CAN n’est elle pas aussi une forme de boycott ? J’ai écrit.

Chamberland Moukouama

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