CNSS: Entre manipulations et politisation autour de la trimestrialisation du paiement des pensions

En médaillon la Directrice générale de la CNSS Nicole Assélé © GMT

La campagne anti-fraude lancée dès sa prise de fonction à la direction générale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) semble avoir attiré des ennemis à Nicole Assélé. Pour preuve, un mémorandum sur la crise qui l’oppose aux retraités à cause de l’application de la trimestrialisation des paiements des pensions aurait été envoyé au secrétariat de la Présidence de la République. Le syndicat des retraités des secteurs privé et parapublic (Synaret) exige le maintien de la mensualisation et son départ. Pour le collectif des travailleurs et retraités de la CNSS, cet acte « désespéré » cache un agenda aux relents de vengeance.

Depuis le lancement de la campagne anti-fraude et la mise en pratique du paiement des pensions au trimestre le 3 juin dernier dernier, la directrice générale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) Nicole Assélé s’est fait beaucoup d’ennemis. Ainsi, le Syndicat des retraités des secteurs privé et parapublic (Synaret) serait monté au créneau pour exiger le maintien de la mensualisation des paiements des pensions et le départ de la patronne de la Cnss.

En effet, dans ce mémorandum datant du mois de juin dont Gabon Media Time détient une copie, le Synaret exige « le maintien de la mensualisation des paiements des pensions, la révocation du Directeur général de la CNSS pour incompétence notoire, la suspension du Conseil d’administration de la CNSS,  la représentation des retraités au Conseil d’Administration de la CNSS, l’organisation des états généraux de la sécurité sociale et de l’action sanitaire au Gabon ».  

Si certaines revendications sont légitimes, la démarche peut surprendre d’autant plus que la trimestrialisation du paiement des pensions n’est autre que l’application des dispositions de la loi N°6/75 du 25 novembre 175 portant Code de sécurité social. Cette loi précise, dans son article 100, alinéa 2, que « le paiement des pensions et des rentes est effectué trimestriellement à terme échu ». La faute incomberait à l’ancienne direction générale de la CNSS qui avait fait le choix critiquable de payer les pensions mensuellement, en violation de la loi.

D’ailleurs, des sources internes à la CNSS disent ne pas comprendre cette action du Synaret, surtout que la majeure partie de leurs revendications s’inscrit dans le projet du patron de la Cnss. « Tout les autres arguments avancés dans le mémorandum du syndicat des anciens agents de la CNSS retraités, bien que relevant du bon sens, étant donné que Nicole Assélé est dans la même démarche, ne sont que des accessoires pour enjoliver leur stratagème », déclarent-ils.

En revanche, pour le collectif des travailleurs et retraités de la CNSS, cette action du Synaret est loin d’être anodine. Elle serait le résultat de frustrations dues au coup de pied de Nicole Assélé dans la fourmilière de la fraude dans cette entité. « Les véritables raisons de cette haine envers Nicole Assélé, sont liées au fait qu’elle a osé s’attaquer aux intérêts de la mafia à la CNSS, en partant en guerre ouverte contre les réseaux de la fraude à la CNSS, en réduisant les salaires de certains cadres indûment perçus, pour financer une campagne de justice sociale, qui a permis à certains agents depuis longtemps oubliés, de voir leur carrière bouger », ont-ils confié.

Cette levée de boucliers n’est pas la première depuis l’arrivée de Nicole Assélé à la tête de la Caisse nationale de la sécurité sociale. Surtout depuis que cette dernière a décidé de dépoussiérer cette entreprise qui semble faire face aux conséquences de la gestion peu orthodoxe de son prédécesseur, qui se trouve être l’ancien directeur général de la Cnss qui a opté depiuis 2014, en violation de tout cadre législatif et réglementaire, de payer mensuellement les retraites.  Affaire à suivre !

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