Climat des affaires : le Gabon dégringole au classement Doing Business 2018

Vue de Libreville, capitale du Gabon © D.R

Créé en 2002 par le groupe de la banque mondiale, ce classement mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 189 économies et dans certaines villes au niveau infranational et régional. Ainsi pour l’année 2018, le Gabon connaît un recul par rapport à l’année précédente où il occupait la première place en Afrique centrale.

Le classement Doing Business a pour objectif d’évaluer la qualité  du climat des affaires, sa réglementation et son application effective. Pour cette nouvelle édition le pays recule de trois places, partant ainsi de la 164ème position en 2017, à la 167ème.

De manière plus détaillée, il réalise un repli dans tous les segments du classement, ne parvenant pas à réaliser des performances capables d’attirer les investisseurs. Pour les exportateurs par exemple, il faut passer 96 heures pour des formalités aux frontières et 60 heures pour remplir la documentation y relative. Ce qui coûte aux opérateurs économiques entre 90 000 Fcfa et 735 000 Fcfa.

Quant aux importations, les commerçants passent 120 heures pour les formalités aux postes frontières et doivent débourser pour l’ensemble de ces formalités, près de 700 000 Fcfa. Alors que le temps nécessaire aux formalités de création d’une entreprise ont considérablement baissé.

En ce qui concerne l’acquisition d’un permis de bâtir, il faut 276 jours à un opérateur économique pour l’obtenir et fournir 14 documents administratifs. Toute chose qui déprécie la qualité de l’administration foncière qui réalise un score de 3 sur 30 ; puisque, pour l’enregistrement au registre du cadastre, il faut passer 102 jours en file d’attente.

Un branchement électrique nécessite un délai de 148 jours. C’est dans ce domaine que le pays plonge le plus. Le déficit énergétique du Gabon aujourd’hui en cours de réduction à travers les nombreuses infrastructures en construction, figure en mauvaise position dans le classement global cette année.

Les opérateurs économiques se sont acquittés d’un ensemble de 26 taxes et impôts

L’administration fiscale paie encore le prix pour des lenteurs observées dans la collecte des impôts et taxes parce que le temps mis par les investisseurs et opérateurs économiques pour payer les impôts est de 488 heures. Ce qui peut justifier le taux de couverture fiscale pondéré à 46% par les experts, que réalisent les services de l’assiette.

Concernant l’accès aux crédits, l’information reste peu fluide dans ce domaine. La gestion des risques à ce niveau est encore trop prudente, avec seulement 28% d’adultes enregistrés dans le registre des crédits.

Quant à l’environnement juridique, il reste une épine au pied des autorités. Car, dans l’exécution des contrats, le système judiciaire ne parvient pas à convaincre les investisseurs. Il ne réalise qu’un score de 4 sur 18, avec un taux de réclamation de 34%.