Centre de Santé de Lalala : La grève d’abord, les patients après

Les structures sanitaires publiques du Gabon sont souvent pointées du doigt pour la qualité des services proposés aux patients. Ces derniers fustigent généralement l’accueil désagréable qui leur est réservé. Ce mardi 7 février 2017 au Centre de santé de Lalala dans le 5ème arrondissement de Libreville,  il nous a été donné de constater que les malades sont relayés au second plan, quelque soit leur état lorsqu’une réunion du personnel soignant a lieu.  

Au Centre de santé de Lalala ce mardi 07 février, le travail a dû être stoppé pendant un long moment dans la matinée parce que le personnel devait se retrouver en réunion. L’objet de celle-ci, était une assemblée générale de «dynamique unitaire», comme le disait fièrement un infirmier, qui faisait le tour des salles pour demander à tout le monde d’assister à ladite réunion, qui semblait d’une urgence capitale, alors que beaucoup de patients attendaient d’être reçus. Le droit de grève doit-il s’exercer sans service minimum?

La question posée à quelques patients sur les lieux irrite les uns et les autres : «Ils pouvaient faire leur réunion et laisser quelques agents faire le service minimum. Ils ne sont pas organisés.» fustige une demoiselle dans la salle d’attente. «Si vous ne pouvez pas attendre, vous pouvez partir. D’ailleurs, on n’est pas obligé de vous recevoir.» a rétorqué un membre du corps médical. Une atmosphère tendue planait dès lors dans la salle.

À l’issue de la  réunion, le personnel a décidé de ne recevoir que 10 personnes pour le reste de la journée. Incroyable ! «Et s’il y a un cas grave après ces dix personnes, on ne le reçoit pas ? » lance un des patients à l’endroit des infirmiers. « Oui» répond-t-il : « on ne le reçoit pas» a répondu un des infirmiers.  

Cette situation qui est générale dans le service public pose un problème d’éthique et de conscience professionnelle. La vie des gabonais n’a-t-elle donc pas de prix? Faudrait-il rappeler à l’ensemble des fonctionnaires que la fonction publique est un sacerdoce? Même si l’on doit reconnaître que leur droit à la grève est légitime, rien ne devrait justifier des comportements qui frisent l’arrogance et le mépris à l’égard d’autres compatriotes.

Dès demain, mercredi 08 février, le personnel de ce centre de santé devrait entrer en grève et assurer le service minimum. Dans tout cela, ce sont encore les populations qui en feront les frais.

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