CEMAC: le FMI exhorte les pays membres à poursuivre leur programme d’assainissement budgétaire

Reunion de travail entre la Directrice Générale du FMI, Christine Lagarde et une délégation de haut niveau de la CEMAC © D.R

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé ce lundi 17 décembre les entretiens annuels concernant les politiques communes de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays membres. Ainsi, l’institution financière bien qu’en saluant les efforts déployés par les Etats membres, la situation économique reste tout de même difficile dans la sous-région.

Les observations faites par le Conseil d’administration indique que la croissance économique de la sous-région n’a pas connu l’accélération escomptée. Ainsi, La croissance hors secteur pétrolier devrait tomber en 2018 à 1,0 %, contre 2,6 % en 2017. Un rebond plus marqué que prévu du PIB pétrolier (+ 7,3 %) contribuerait néanmoins à une accélération de la croissance globale, de 1,0 % en 2017 à 2,2 % en 2018.

L’institution a également noté une accélération de l’inflation aux alentours de 2 % à la fin de l’année. La situation du secteur bancaire reste difficile, en raison du niveau élevé des arriérés de l’État. Les prêts improductifs ont continué d’augmenter, pour atteindre 17 % du total des prêts à la fin de septembre 2018, tandis que plusieurs banques continuent de ne pas respecter certains ratios prudentiels.

Par ailleurs, « les efforts budgétaires consentis par les pays qui appliquent un programme appuyé par le FMI sont plus ou moins conformes aux attentes. Pour l’ensemble de la région, le déficit hors pétrole à la fin de 2018 devrait correspondre aux prévisions, tandis que le solde global dépasserait ces dernières en raison d’une augmentation des recettes pétrolières », indique l’institution.

Toutefois, elle relève que la situation économique et financière devrait s’améliorer progressivement. Des réformes visant à améliorer le climat des affaires et la gouvernance, ainsi qu’à renforcer le secteur financier, conjuguées à un desserrement du frein exercé par l’ajustement budgétaire et au remboursement des arriérés de l’État, contribueraient à la reprise progressive de la croissance hors pétrole, qui s’établirait à 4,5 % d’ici 2021.

« L’amélioration de la situation économique et financière régionale à moyen terme dépend crucialement de la mise en œuvre intégrale des engagements pris par les pays membres de la CEMAC et les institutions régionales, ainsi que de l’adoption de programmes appuyés par le FMI par la République du Congo et la Guinée équatoriale», a souligné le Conseil d’administration, invitant les autorités des pays de la CEMAC à continuer de mettre en œuvre strictement leur programme d’assainissement budgétaire et de s’attaquer promptement à tout dérapage budgétaire. Ils soulignent aussi qu’il importe de finaliser et de mettre en œuvre les plans de remboursement des arriérés.

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