Casimir Oye Mba : «Il est préférable que nous allions aux législatives»

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire La Une n°161 paru ce vendredi 14 avril 2017, le vice-Président de l’Union nationale et ancien candidat à la présidentielle de 2016, qui s’est retiré au profit de la candidature unique de Jean Ping, Casimir Oye Mba, revient sur l’épineuse question de la participation aux législatives. «Il est préférable que nous allions aux législatives» a-t-il affirmé à nos confrères.

«Le débat sur les législatives est ouvert depuis un moment dans la population. Faut-il aller ou pas?» Ladite question posée à Casimir Oye Mba, la réponse apportée est pleine de regret et d’optimisme.  

D’abord le vice-Président de l’Union nationale regrette.  «Je pense personnellement qu’en 2011, la campagne « pas de transparence, pas de législatives» que nous avons menée et à laquelle j’ai participé en faisant le tour du Gabon, a été une erreur. Ce boycott a laissé le PDG envahir l’Assemblée Nationale avec 115 députés sur 120 et donc imposer son hégémonie sans contestation et sans frein aucun.» constate-t-il, avant de reconnaître que cette posture était mauvaise.  «Je reconnais donc que nous avons eu tort.» précise Casimir Oye Mba.

Bien que le dispositif électoral ne soit pas toujours favorable à une élection politique transparente, l’ancien premier reste optimiste. «C’est avec ce même dispositif que nous avons réussi à faire élire Jean Ping.», «Je pense et c’est ma position personnelle que j’exprime aussi bien au niveau de l’Union Nationale, mon parti, qu’au niveau de la Coalition pour la Nouvelle République dont je suis membre, que nous ne devons plus commettre la même erreur, qu’il est préférable que nous allions aux législatives. J’ajoute qu’il est préférable que ces élections législatives soient le plus proches possible dans le temps des présidentielles.» poursuit-il.

Par ailleurs, Casimir Oye Mba déplore que le gouvernement soit en train de se préparer à les renvoyer sur un an. Un report que l’ancien gouverneur de la BEAC désapprouve et qualifie de «manœuvre politicienne visant à arranger le pouvoir et ses satellites et à défavoriser l’opposition. Mieux, un tel renvoi est la marque d’un pays qui ne marche pas. Dans un pays qui marche normalement, on respecte les échéances électorales. Parce que le respect des échéances électorales participe de la démocratie.»

Toutefois, en homme politique avisé, Casimir Oye Mba estime que la population qui est l’émanation du pouvoir législatif doit être écoutée avant toute décision. Il appelle la Coalition à réfléchir au moyen de capitaliser et de maintenir la dynamique d’unité créée avec succès lors des présidentielles et l’élection de Jean Ping. Pour ce faire, «il faut simplement qu’on en discute de manière franche et lucide pour examiner tous les contours du problème de façon à maximiser nos chances de succès.» conclut-il.

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