Can 2017 : Quid du remplissage des stades par des élèves ?

Le sujet fait non seulement la Une des journaux nationaux et internationaux, mais est très largement relayé sur les réseaux sociaux. Pour faire face au manque d’engouement observé depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations qu’accueille le Gabon, les autorités ont trouvé comme subterfuge pour remplir les stades lors des rencontres, de recruter des élèves du primaire et du secondaire dans leurs établissements. Des agissements qui suscitent un véritable tollé sur la toile.

De Libreville à Franceville, en passant par Port-Gentil et Oyem, le constat est le même, le déroulement de la 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations ne suscite pas l’adhésion populaire. Un constat qui semble-t-il serait non seulement dû à la crise économique qui plombe le moral des populations, mais aussi à l’appel au boycott lancé par l’opposition qui dénonce l’organisation d’un événement qui ne devrait pas être une priorité alors que le pays sort d’une grave crise post-électorale.

Toutefois, le gouvernement depuis le début de la compétition fait des pieds et des mains pour faire de cette grande fête du football continentale un succès, usant même des pires stratégies rédhibitoires pour remplir les stades. C’est ainsi, qu’à Franceville par exemple « l’Association pour la promotion des écoles publiques conventionnelles s’est résolue à recruter des élèves tous azimuts. Ainsi, dans un courrier adressé à l’école conventionnelle de Franceville, elle sollicitait, de 14 h 30 à 20 heures, des élèves pour remplir le stade lors du match Algérie-Tunisie. Au total, 2 000 élèves ont été mis en contribution » nous apprend l’hebdomadaire Echos du nord dans sa parution numéro 395 de ce mercredi 18 janvier.

Des agissements qui n’ont pas manqué de provoquer d’ailleurs des réactions, « Est ce qu’ils sont sérieux ces gens ? Mes enfants n’iront pas à l’école pendant cette période. Imaginez un enfant qui est parti de chez lui à 6 heures voire 5 heures, qui n’a peut-être pas mangé depuis le matin et qui ne devrait se contenter que de l’eau. C’est incroyable ! Cet acte prouve à suffisance que ce qui importe pour ces personnes c’est juste le remplissage des stades. Que l’enfant fasse l’hypoglycémie ou pas, ce n’est pas leur affaire. Ils veulent juste une opération de communication point barre !» s’est exprimé un parent visiblement outré dans les colonnes de l’hebdomadaire.

A Oyem le constat est le même, le site de la télévision panafricaine, Afrique media soulignait que « les chefs d’établissements du secondaire des villes de Bitam, Mitzic et Oyem, ont reçu pour instructions d’amener les élèves jusqu’au stade chaque jour de match, les 16, 20, 24 et 28 janvier ».

Ajoutant que « la ville de Port-Gentil, a reçu le même traitement quant à cette organisation territoriale de la CAN, pour faire face à l’échec, annoncé par l’opposition, de la compétition dans le chef-lieu de l’Ogooué-Maritime ».

Une stratégie qui suscite cependant plusieurs questionnements non seulement sur le plan moral et éthique, au vue de l’utilisation des enfants pour donner l’impression d’un engouement pour la compétition. Mais aussi sur le plan financier lorsqu’on sait que les billets ont été mis en vente depuis le 15 décembre dernier à Libreville et aujourd’hui ces billets sont distribués gratuitement, quels seront donc les retombés obtenus à la fin de cette CAN ?

© Crédit photo : Facebook – Marcel Libama

Laissez votre avis