Can 2017 : L’évidente élimination des Panthères

23 ans. Cela fait exactement 23 ans qu’un pays hôte, abritant la Can n’était plus sorti au premier tour de sa compétition. C’était en 1994 en Tunisie. Cette année, la Tunisie qui concédait une défaite 2 à 0 face au Mali, puis tenue en échec par le Zaïre (Congo-Kinshasa) sortait de sa Can. 

23 ans plutard, le Gabon, pays organisateur entre dans l’histoire d’une façon peu orthodoxe. Que dis-je, de la pire de façon. Dans un contexte social et politique particulièrement tendu, les Panthères du Gabon commencent leur compétition par deux matchs nuls. Le 1er contre la modeste équipe de Guinée-Bissau et le second contre le solide Burkina-Faso.

Non content du contexte, déjà assez compliqué, les coéquipiers de Pierre-Émérick Aubameyang, très décevant en dépit de ses deux buts, vont se livrer un match couperet contre les Lions indomptables du Cameroun, une sélection qui, très souvent, leur a rarement réussi.

Comme contre le Burkina-Faso, cette sélection a donné l’illusion d’être impliquée, décidée, consciente et appliquée, mais comme contre les Étalons, cette trompeuse impression n’a duré qu’un quart d’heure.

Dès l’entame du match, d’emblée, les Panthères dans ce duel de fauves, étouffent les lions indomptables. A la 4eme minutes, après une ouverture d’Evouna pour Bouanga, le centre du dernier cité devant le but vide est mal repris par Aubameyang qui manque une occasion de but toute faite et quasi immanquable pour un attaquant de son standing. C’est le 1er tournant ou simplement, c’est le tournant du match. A la 6eme minute, bien servi par Ndong, sur le côté Bouanga se défait de 2 joueurs et frappe mais son ballon passe au dessus. Le même Bouanga, révélation et seule satisfaction des Panthères dans cette compétition, va obliger Ondoa, portier camerounais à se déployer de tout son long pour sortir un coup franc vicieux à la 16ème minute. Jusqu’à la mi temps, les deux sélections vont se neutraliser sans apporter le danger dans un camp ou l’autre.

Au retour des vestiaires, pourtant éliminé et face à son impuissance, le Gabon va laisser le ballon au camerounais. Lesquels vont gérer la seconde période et se montrer dangereux d’abord sur une frappe de Siani à la 60eme minute, puis une centre de l’intenable Bassongog qui a littéralement martyrisé Ze Ondo à la peine, à la 75 minutes.

Pour assister à un réveil des Panthères, il a fallu attendre le temps additionnel et la 93e minute. En effet, sur un centre de Poko, Bouanga, seul au second poteau, arme sa frappe, celle-ci ricoche sur le poteau, et revient dans les pieds de Ndong, dont la frappe est miraculeusement détournée par Ondoa pourtant déjà au sol.

Réaction tardive, cadres absents, aucune cohérence dans le jeu, aucun projet, soutien des fans inexistant, manque de leader sans faire preuve de chauvinisme mais plutôt de logique, tout ceci présageait d’un Fisaco, tant sur le plan structurel que sportif.  Embrigadés et enregimentés dans un contexte de division et scission sociale effective, les Panthères, sans fans, sans soutien en proie à toutes les médisances du public gabonais, n’auraient pas pu mériter mieux qu’une élimination au 1er tour. Une élimination, voulue, souhaitée et espérée par tout un peuple, dont l’évidence et l’effectivité n’étaient que temporelles.

Crédits Photos: Facebook Allez les Pentheres du Gabon

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