Brainforest tance Olam pour non-respect des droits des populations locales​ et de l’environnement

En réaction à l’inauguration ce mardi 11 avril de l’usine de production d’huile de palme par le groupe singapourien Olam, l’organisation non gouvernementale, Brainforest s’est pourfendu d’un communiqué de presse pour rappeler à cette entreprise le respect de ses engagements​ sur le préservation de l’environnement. Elle a également évoqué la nécessité de prendre en compte les droits des populations locales​ impactées par la culture des palmiers et de l’hévéa.

Revenant tout d’abord sur les ambitions affichée​s par Olam pour le développement de ses activités en 2017. Brainforest rappelle que deux principaux projets avaient été «identifiés à savoir Olam Palm Gabon et Olam Rubber Gabon», soulignant que «le projet de palmier à huile à lui seul couvre une superficie de 58.000 ha et 50.000 ha de nouvelles plantations, ce qui représente une superficie non négligeable pour un pays dont les stratégies de réduction de la dépendance et de la sécurité alimentaire ne sont pas concluantes».

En effet, dans le rapport d’Olam, il est précise «dans la rubrique 3 Programme Graine : « Un programme agricole unique en son genre : 70.000 ha de plantations intégrées (avec un potentiel d’extension à 200.000 ha) avec des plantations industrielles et des plantations villageoises. Filière export (palmier à huile) : 62.000 ha. Filière domestique (banane plantain, manioc, tomate, piment): 5000 ha». Ces ambitions​, selon l’ONG procède d’un «appétit vorace» qu’elle ne saurait soutenir et accepter. Dénonçant au passage que cette entreprise «feint de développer d’autres cultures dans le cadre du programme Graine pour une meilleure occupation des terres agricoles au profit du palmier à huile».

Abordant l’inauguration ce mardi 11 d’une usine de production d’huile de palme à Mouila, l’organisation de défense de l’environnement estime qu’elle «ouvre une nouvelle phase dans la justification de l’extension du palmier à huile par Olam sur toute l’étendue du territoire».

Sur la question de l’impacte sur les communautés locales​, Brainforest souligne que lors des missions effectuées dans la Ngounié, notamment au village Mboukou dans le département de Tsamba-Magotsi qui accueille la nouvelle usine, les activités des populations sont «restreintes du fait de la proximité (moins de 5 km) avec les limites du permis Lot1 d’Olam, lot dans lequel l’usine est implanté. Il est également à noter le fait que des villages tel-quel celui de Ferra dans le Lot 3, se retrouvent complètement enclavés avec des restrictions évidentes sur leurs accès aux ressources naturelles et à leurs terres ancestrales ; ceci entraînant leur refus de reconnaître la cartographie sociale qui avait été effectuée par des prestataires que Sotrader avait commis».

Par ailleurs, rappelant l’engagement pris par le groupe singapourien suite à  la publication d’un rapport accablant de Brainforest et Mighty Earth le 12 décembre 2016 à Paris, «le Directeur de l’ONG américaine Mighty Earth et le PDG d’Olam International se sont rencontrés à Washington D.C. le 31 janvier 2017 et sont parvenus à un accord pour avancer vers deux impératifs : permettre la mise en place de modèles de développement agricole responsables qui soutiennent la protection des forêts tout en luttant pour le développement durable au Gabon ; ainsi que la nécessité pour les commerçants d’huile de palme de développer une plateforme d’action collective pour éviter la déforestation et l’exploitation des travailleurs ou des communautés. Au regard de la gravité de l’ampleur de la déforestation dans ses projets au Gabon (palmier à huile et Hévéa), un moratoire de zéro déforestation pour une durée d’un an avec possible reconduction en cas de non respect des engagements par Olam avait été signé».

C’est donc fort de ce constat accablant que l’ONG dirigée​ par Marc Ona Essangui, «exige le respect des droits des populations locales à la propriété foncière et au respect de leur environnement immédiat». Ajoutant par ailleurs, qu’elle «ne ménagera aucun effort pour contraindre Olam à plus de respect des normes internationales en matière de respect des droits des populations locales et se réserve le droit d’inspecter les sites d’Olam le moment opportun et une collaboration franche dans la réussite de ces missions».

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