Bokassa Ier ou le couronnement de la Françafrique

L'empereur centrafricain Jean-Bedel Bokassa lors de son autoproclamation, à Bangui, le 4 décembre 1977.

C’était le 04 décembre 1977, il y a 40 ans, Jean Bedel Bokassa alors président de la Centrafrique, s’intronisait empereur au cours d’une cérémonie à la fois indécemment fastueuse et grotesque, inspirée par le sacre de Napoléon 1er et financée à coup de millions de francs français.

Ce jour là, Jean Bedel Bokassa, déjà Général, Président à vie, Maréchal, se fit empereur d’un des pays les plus pauvres d’Afrique, cet ancien ingénieur né le 22 février 1921 en Oubangui-Chari, ancien nom de l’empire centrafricain sous la colonisation française, s’offrait alors une cérémonie au faste démesuré et indécent, qui avait été évaluée à l’époque à quelques 150 millions de francs français, soit près d’un quart du budget du pays. Pour couvrir les frais de son intronisation pas moins de 40000 salariés avaient vu leur salaire amputé de 50% plusieurs mois auparavant.

Ce sacre comme un symbole de la toute puissante françafrique, était le point d’orgue d’un règne marqué par une succession d’histoires invraisemblables, comme celle où il offrait à Giscard d’Estaing des milliers de diamants pour le remercier de sa « bienveillance ». Bokassa voyait en ce sacre, le retour à une Afrique où les grands empires étaient omniprésents d’un côté à l’autre du continent.

Amateur de luxe, de femmes, de faste, comme tout bon dictateur africain encore présent de nos jours aux quatre coins du continent, et père d’une cinquantaine d’enfants, il fut néanmoins un dirigeant autoritaire et violent comme en témoigne le massacre d’une centaine d’écoliers par sa garde personnelle en 1979.

Malheureusement force est de constater que les dirigeants africains n’en ont tiré aucune leçon, dans la mesure où la plupart, continue de vivre avec le même faste, se prenant pour des empereurs, le tout au détriment du peuple dont ils sont censés servir les intérêts.

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