Blaise Wada reconnaît avoir touché des rétrocommissions mais nie avoir détourné des fonds

Une vue des auditions devant le Cour criminelle spéciale © D.R

C’est à un véritable coup de tonnerre qu’ont assisté les personnes présentes dans la salle d’apparat du Palais de Justice de Libreville, ce jeudi 12 avril 2018, dans laquelle se tenait la 5ème audience du procès opposant le Ministère public et l’Etat gabonais contre Blaise Wada devant la Cour criminelle spéciale (CCS). L’ancien coordinateur général de l’UCET a reconnu dans une correspondance versée au dossier d’accusation, avoir avoué au président de la République, Ali Bongo, la perception de rétrocommissions en contrepartie de l’attribution de marchés publics.

En effet, dans cette lettre aux allures d’aveux, Blaise Wada indique avoir profité de sa position de coordinateur général de l’UCET, lors de l’attribution des marchés publics aux entreprises pour solliciter en contrepartie le versement «des rétrocommissions soit en matériaux de construction, soit en numéraires».

Dans sa confession, il sollicite l’indulgence d’Ali Bongo afin de lui sortir de cette mauvaise passe, assurant même être «prêt à vendre une partie de ses biens et de verser le fruit de la vente au Trésor public». La mise en lumière de cette correspondance vient ainsi conforter la position du Ministère public qui y voit une preuve de la culpabilité de Blaise Wada.

Toutefois, les conseils de l’ancien coordinateur général de l’Unité de coordination des études et des travaux ont tenu à nuancer les affirmations de la partie adverse, relevant que ces supposés aveux n’ont rien à avoir avec les accusations de détournement de deniers publics dont est accusé leur client. «Notre client reconnaît avoir touché des rétrocommissions. L’erreur est humaine, il a retenu la leçon», ont reconnu les avocats du prévenu.

Au terme de cette séance riche en rebondissements, la présidente de la Cour criminelle spéciale, Paulette Akoly  a indiqué que la prochaine audience est fixée au jeudi 19 avril 2018 avec les plaidoiries, les réquisitions et le rendu de la décision.