Bilan mitigé des 100 jours du gouvernement Issoze Ngondet  

Le mercredi 25 janvier dernier, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a procédé à la remise symbolique à Ali Bongo Ondimba, du rapport détaillé des mesures entreprises par son gouvernement. Ce rapport revient sur les 172 mesures prioritaires annoncées lors de son discours de politique générale devant les membres du parlement, qui devaient contribuer à l’amélioration du climat, économique, social et politique du pays.

Au cours de cette cérémonie qui a réuni l’ensemble des membres du gouvernement et certains hauts cadres de l’administration, Emmanuel Issoze Ngondet a indiqué que sur les 172 mesures prioritaires retenues, seules 36 ont été effectivement mises en œuvre, tandis que 120 sont en cours de réalisation et 16 sont en suspens.

Par ailleurs, le Chef du Gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet, soutient sans toutefois convaincre que le taux global d’exécution des projets fléchés dans les 100 jours avoisine les 60%, notamment en matière d’infrastructures, d’économie, d’accès à l’eau et à l’énergie, d’emploi, d’habitat, de santé…Il a justifié ce faible taux d’exécution de ces mesures « pour des raisons liées à l’inertie de certaines structures administratives ou en raison de l’indisponibilité de ressources budgétaires ».  Un optimisme qui malheureusement ne cadre pas avec la réalité sur le terrain. Sur le plan économique par exemple, les mesures prises jusque-là par le gouvernement n’ont contribuées qu’à créer des charges fiscales supplémentaires aux entreprises avec comme conséquence une pression fiscale qui met à mal l’état de santé de ces dernières,

En outre la création de nouvelles contributions fiscales auxquelles serait assujettis le contribuable gabonais ou le rehaussement du taux de prélèvement sur l’assurance maladie obligatoire montre de manière claire que ces 100 jours n’ont été mis à profit que pour trouver des ressources budgétaires supplémentaires de l’Etat. Alors que le gouvernement n’a pas daigné répondre préalablement aux attentes des citoyens gabonais qui ne réclament que le strict minimum en matière d’éducation, d’emploi, de santé ou d’accès à l’eau et à l’électricité. En ce qui concerne les questions liées à l’habitat, on a plus assisté à une vendetta contre les populations, avec les opérations de déguerpissement orchestrées par le vice premier ministre, ministre en charge de l’Habitat et du Logement social.

Sur le plan social et politique, le climat délétère qui prévaut démontre que rien n’a été pris au sérieux, la multiplication des grèves dans la quasi-totalité des secteurs montre que le gouvernement a préféré avoir comme priorité l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, que de s’atteler à régler les problèmes des gabonais. Le dialogue politique qui est annoncé, après la CAN ne laisse rien entrevoir de nouveau puisqu’il se fera d’une part avec des membres de la société civile ou de l’opposition qui ne représente malheureusement pas grand-chose sur l’échiquier politique national.

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