Bikélé: un groupe de jeunes, armés, prend une salle de classe en otage

Lycée public de Bikélé © D.R

A Bikélé, dans le 3e arrondissement de Ntoum, la violence chez les jeunes a atteint son apogée. Le 11 avril dernier, les élèves de la 2de LE du lycée public de cette commune ont été les victimes d’une prise d’otages, par un groupe de jeunes, armés, tous âgés de 15 à 25 ans. Une triste réalité qui n’interpelle malheureusement pas assez les autorités, malgré les appels incessants du chef d’établissement.

Une scène d’effroi a frappé les élèves du lycée public de Bikéle le 11 avril dernfier. Une des classes de cet établissement a été la cible d’un braquage, perpétré par une bande de jeunes armés jusqu’aux dents.

En début d’après-midi, alors que les élèves attendaient leur professeur, qui devait arriver d’un moment à l’autre, témoigne une lycéenne, une dizaine de jeunes individus débarquent, tenant dans leurs mains, machettes, couteaux et gourdins. «Ils nous ont demandé de ne pas bouger, (…) ont menacé de mettre tout le monde dans un bain de sang, si jamais un de nous refusait de se plier aux ordres», a-t-elle poursuivi, encore sous le choc de la scène qu’elle venait de vivre.

Les élèves sont, dès lors, pris en otage. Mais la bande de malfrats s’est organisée comme si elle n’en était pas à son premier coup. Pendant que les uns surveillaient l’entrée de la salle de classe, dissuadant toute personne d’y entrer ou d’en sortir, les autres se sont réparti les rangées, fouillant «jusque dans les slips et les soutiens», a précisé la même source. Un des braqueurs, s’est quant à lui, saisi d’une jeune fille, «à qui il a pointé un couteau au cou, pour nous obliger à obtempérer», conclut-elle.

Dix minutes ont suffi aux délinquants, pour réaliser leur forfait, digne des plus grands films d’action, mais pourtant si triste pour ces jeunes en devenir, qui choisissent de se réaliser du mauvais côté du décor. Les lycéens et leurs enseignants sont choqués, «je n’avais jamais vu une scène aussi horrible. Ça s’est passé comme dans les films de la mafia. C’est simplement triste d’y penser», a fait remarquer une autre élève.

Dans la salle de classe, seuls les pleurs et le désordre qui y réglait, témoignent de l’horreur qui venait de se produire. Une des victimes, a confié à Echos du Nord avoir perdu 200 000 Fcfa, que sa mère lui aurait confiée pour le versement d’une tontine.

Au lycée de Bikéle, les braquages et agressions sont devenus la norme pour élèves et enseignants. Pourtant l’administration soupçonne que ce dernier événement a été rendu possible grâce à des complices internes au lycée. Elle lance un énième appel aux autorités, qu’elle dit «informées» de cette situation d’insécurité, et rassure que «des mesures visant à sécuriser l’enceinte de l’établissement seront prises».

Rappelons que ledit établissement qui ne dispose d’aucune barrière, ni de police scolaire à l’instar de nombreux autres, est isolé au milieu de la broussaille, ce qui favorise de nombreuses attaques. De nombreux parents d’élèves ont, d’ores et déjà émis le souhait de retirer leurs enfants de cet établissement.

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