Biens mal acquis : mise en examen d’un des avocats de feu Omar Bongo

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L'ancien président gabonais Omar Bongo lors du sommet Union européenne-Afrique, qui s'est tenu à Lisbonne le 8 décembre 2007. © AFP/Eric Feferberg

Les révélations du quotidien français Le Monde viennent d’exhumer un dossier vieux d’un peu moins d’une décennie. Celui des « Biens mal acquis » du nom de l’affaire politico-judiciaire impliquant plusieurs chefs de l’Etat d’Afrique centrale sur l’acquisition des biens de tous genres en France essentiellement. Jean François Meyer ancien avocat de feu Omar Bongo, vient de l’objet d’une mise en examen pour  « complicité de blanchiment de détournements de fonds publics et de corruption » en raison de sa collaboration avec l’ancien Chef de l’Etat.


« Jean-François Meyer, conseil du président gabonais durant près de vingt ans, est poursuivi pour « complicité de blanchiment de détournements de fonds publics et de corruption ». C’est l’information principale qui ressort du biais du journal français Le Monde sur l’affaire très médiatisée des biens mal acquis. Le quotidien nous informe que Jean François Mayer, ancien avocat de l’ancien Chef d’Etat gabonais feu Omar Bongo Ondimba, a été mis en examen pour entre autres « recel de détournement de fonds publics et recel de corruption ». 

Cet avocat de 63 ans aurait été selon les informations du journal français Le Monde, le  « facilitateur, le pourvoyeur des fonds ou encore le banquier informel » du clan Bongo en facilitant les transactions et démarches dans les acquisitions de biens immobiliers parisiens fastueux tout en opacifiant des fonds probablement publics. Le site précise que  « Me Meyer mettait au service de son client son compte bancaire professionnel à la BNP Paribas qui fut crédité, entre janvier 2006 et novembre 2007, de près de 7 millions d’euros par l’Etat gabonais ». L’avocat a également servi d’intermédiaire pour avoir réglé, « pour le compte de l’Etat gabonais », plus de 450 000 euros à l’hôtel George V et près de 170 000 euros en horlogerie ou joaillerie chez Chanel, Dior et Patek Philippe tout comme « l’acquisition en 2004 d’un appartement dans le XVIe arrondissement d’une valeur de 350 000 euros à son fils Ben Omar ». 

Selon la cellule de renseignement financier nous renseigne le journal français, au moins 2,3 millions d’euros de dépenses effectuées depuis ce compte n’ont aucune justification professionnelle. « Le fait que l’ensemble de ces sommes transite par le compte professionnel de Me Meyer semble singulier », notent les enquêteurs. Il lui est en outre reproché d’avoir « masqué le financeur réel et l’origine frauduleuse des fonds employés à cet effet, et ce sans aucun lien avec l’exercice de la profession d’avocats » précise le juge d’instruction Dominique Blanc.

« Que ce soit pour Omar Bongo à titre privé ou pour l’Etat gabonais, je suis la personne de confiance à qui on va confier le soin de payer (…) Ça rassure le destinataire des fonds français, car il sait qu’il sera payé, et du côté gabonais qu’il n’y aura pas d’“évaporation” de l’argent entre Libreville et Paris,, le 22 janvier. Étais-je sûr que ces dépenses étaient faites dans l’intérêt de l’Etat ? Moi, à titre personnel, je n’en sais rien. Je ne sais pas si c’est public ou privé », a expliqué Me Meyer lors de son interrogatoire. 

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