lundi,26 octobre 2020
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Benicien Bouschedy: «les homosexuels n’ont rien demandé. Cette dépénalisation vient de les condamner»

Le retrait de  l’alinéa 5 de l’article 402 de la loi n°042/01 du 5 juillet 2019 portant Code pénal incriminant l’homosexualité n’a pas fini de susciter des réactions au sein de l’opinion. C’est le cas de l’écrivain Benicien Bouschedy qui relève, qu’audelà de cette adoption qui rame à contre courant des valeurs traditionnelles de la société gabonaise, celle-ci aura pour incidence de condamner les homosexuels qui pourraient désormais faire face à une stigmatisation plus visible. Ci-dessous l’intégralité dudit libre propos. 

« En décidant de dépénaliser la loi sur l’homosexualité, le gouvernement gabonais vient d’exposer les homosexuels. Ils seront désormais les cibles de toutes les horreurs. C’est ma crainte. Ces gens n’ont pourtant rien demandé. Ils baisaient en cachette et n’avaient pas besoin de se mettre en lumière. Ils n’étaient pas rejetés, puisqu’ils n’ont jamais manifesté des plaintes de persécution contre une société majoritairement conservatrice de ses valeurs traditionnelles.

Le développement d’un pays ne passe pas par l’anus, la verge et le vagin. On ne s’arrime pas aux normes internationales en misant sur ce qui détruit le vivre ensemble. Vos lois sont destructrices d’avenir et de stabilité sociale.

Chers gouvernants, quand on veut se placer au rang des pays développés, on commence par miser sur l’éducation et la formation. L’école gabonaise peut-elle aujourd’hui être comparée à une autre de la sous-région? L’hôpital? La route? Pour ne citer que ça.

Les libertés individuelles s’arrêtent là où commence l’intérêt commun. Puisqu’on en parle, qu’on dépénalise l’avortement, chaque femme dispose de son utérus et devrait en faire ce qu’elle veut. Qu’on dépénalise la consommation des drogues, chaque consommateur fait de son corps ce qu’il veut.

Bref! Toutes ces choses à dépénaliser finiront par engendrer le chaos. Désormais les lois, même les plus naturelles, sont bonnes à violer. Est-ce là le destin d’un peuple digne?

Au Gabon, les homosexuels n’ont rien demandé. Cette dépénalisation vient juste de les condamner. Qui paiera les frais de la stigmatisation dans ces quartiers que vous ne connaissez même pas? Allez-vous les loger dans des espaces spécifiques où vivront-ils avec ceux qui n’ont pas d’eau, de logements, d’électricité ou même de quoi manger? Où sont nos lois qui protègent la veuve et l’orphelin? Que dire du mariage coutumier?

En tant qu’écrivain, je crois à la liberté. Mais il n’existe aucune plus grande liberté qui dépasse celle de penser autrement. Chaque peuple a son histoire et ses habitudes. Le Gabon est un pays Africain et non Européen. On ne gouverne pas un peuple qu’on ne connaît pas. Vous venez d’échouer en poussant la connerie au dedans du cul et de la nausée.

Benicien Bouschedy

Ecrivain engangé.

».

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