Barreau du Gabon: les avocats se liguent contre Me Akumbu M’Olouna

Les avocats lors de leur déclaration de presse ce lundi 11 juin 2018 © GMT

L’imbroglio né de l’annulation de l’élection du bâtonnier de l’ordre des avocats par le Conseil d’Etat est loin d’avoir livré son épilogue. C’est désormais à une véritable passe d’arme que l’opinion assiste entre l’ancien bâtonnier Me Jean Pierre Akumbu M’Olouna et ses confrères membre du Conseil de l’ordre des avocats. Ces derniers et le bâtonnier élu Me Lubin Ntoutoume entendent user de toutes les voies de recours pour contester cette décision.

Dans une déclaration rendue public ce lundi 11 juin 2018, à la maison de l’Avocat, les membres de cette corporation ont tenu à réagir à la décision prise par le Conseil d’Etat sur saisine de Maîtres Jean Pierre Akumbu M’Olouna et Gilbert Erangah. Ainsi, c’est par la voix du doyen de l’ordre qu’ils se sont étonnés de la posture de l’ancien bâtonnier alors qu’il était à la manoeuvre pour l’organisation de l’élection.

Alors qu’il motivait sa saisine par le non versement des cotisations par Me Lubin Ntoutoume, qui rendait de facto ce dernier ineligible, les avocats font remarquer que c’est ce même Me Akumbu qui avait «fourni la liste électorale, la liste des avocats à jour de leur cotisation et à ce moment aucune irrégularité ne se présentait. Tout ceci est confirmé par le procès verbal dressé publiquement en présence de tous les avocats ce jour».

Par ailleurs, les avocats évoquent de malversations financières dont se serait rendu coupable l’ancien bâtonnier. Ce qui expliquerait sa motivation à rester ad vitam eternam à la tête du Barreau. «Sauf à vouloir empêcher l’actuel Conseil d’auditer les comptes du barreau, la lecture de l’état financier produit lors de l’assemblée général du 31 mars 2018 et autres vérifications sommaires ont déjà permis de constater des malversations troublantes», révèlent-ils.

Le barreau du Gabon s’est également indigné de la décision prise par le Conseil d’Etat, qui n’a pas daigné écouter l’ensemble des parties en cause en l’occurrence les membres du Conseil de l’ordre qui n’ont jamais été notifiés.  

«Nous nous trouvons devant une menace et une prise en otage de notre barreau et de son indépendance. Nous prenons donc à témoin l’opinion nationale et internationale sur tout les lignes qui serait envisagé par tous ceux qui veulent imposer aux avocats les choix qui ne sont pas les leur», a martelé le doyen de l’ordre des avocats. Réaffirmant leur volonté de faire respecter le choix fait par l’ensemble des avocats sur Me Lubin Ntoutoume.

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