Bandega Lendoye : Ali Bongo et la Cour constitutionnelle mettent à mort «ce qui pouvait rester d’Etat de droit au Gabon»

Raphael Badega Lendoye, vice-Président de l'Union nationale

Faisant suite à la décision prise par la Cour constitutionnelle de reporter la tenue des élections législatives, l’Union nationale dans une déclaration lu ce samedi 22 juillet au siège dudit parti, sis à l’ancienne sobraga, a tenu à dénoncer cette mesure qu’elle qualifie de violation grave de la loi fondamentale.

Dans cette communication rendue publique par le Vice-président de l’Union nationale, Bandega Lendoye, il fustige non seulement la décision prise par la Cour constitutionnelle de reporter les élections législatives, mais aussi de proroger le mandat des membres des institutions. Soulignant que celles-ci «doivent avoir un caractère exceptionnel et s’appuyer sur des bases légales incontestables» ce qui n’est pas le cas pour le Conseil National de la Communication ou le Conseil Economique et Social qui sont «soumis à leur lois organiques respectives» ne rentrant pas donc dans le champ d’action de la haute juridiction.

Dans un exercice très pédagogique, le Vice-président de l’Union Nationale relève ensuite que «la prorogation des mandats précités s’appuie sur les conclusions d’un Dialogue politique. Or, les durées des mandats sont clairement déterminées par la Constitution. Il est donc inadmissible que la Cour constitutionnelle se fonde sur les conclusions d’un dialogue politique pour passer outre les dispositions claires et précises de la loi fondamentale». «La prorogation du mandat des élus dans des conditions si élastiques (…) frisent l’arbitraire» a t-il martelé.

Par ailleurs, le parti voit en cette décision de la Cour «la volonté d’Ali Bongo de ne pas s’encombrer de règles castratrices d’un pouvoir qu’il veut monarchique». Confirmant de ce fait «la collusion institutionnelle et la complicité entre le Gouvernement et la Cour constitutionnelle dans la dérive autocratique dans laquelle s’enfonce le pays».

«La prorogation des mandats des institutions exacerbe la crise gabonaise qui se transforme d’une crise politique en une crise de régime dans laquelle la Cour constitutionnelle joue un rôle dominant. Il ne fait plus de doute que les agissements de Monsieur Ali Bongo Ondimba et la Cour constitutionnelle sont en train de mettre fin à ce qui pouvait rester d’Etat de droit au Gabon pour lui substituer un pouvoir autoritaire n’obéissant qu’à la volonté d’un seul homme»; a relevé Bandega Lendoye.

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