vendredi,14 août 2020
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Baisse du prix du carburant à la pompe: le gouvernement aux abonnés absents

Si depuis quelques mois la valeur du pétrole brut a chuté à des niveaux historiquement bas sur les marchés internationaux, tombant même en dessous de zéro aux États-Unis, il y a quelques semaines, dans certains pays cette baisse ne s’est pas encore réellement répercutée sur les prix à la pompe. C’est notamment le cas au Gabon, où malgré l’adoption d’une nouvelle structure des prix des hydrocarbures, les prix n’ont pas changé depuis le 1er avril dernier et restent largement audessus de la moyenne mondiale.

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Pays à la fois exportateur (septième producteur africain) et importateur d’or noir (121,3 milliards de FCFA de produits dérivés du pétrole importés en 2019), le Gabon semble pourtant ne retenir que son pan historique dans cette crise. Et pour cause, malgré l’adoption d’une nouvelle structure des prix des hydrocarbures  instituée par le décret n°274/PR/MPH du 21 mai 2015 et l’arrêté n°0017/MEPPDD/MPH du 29 septembre 2017 qui impose au gouvernement d’adapter les prix à la pompe aux prix du baril de pétrole sur les marchés, le consommateur gabonais reste dans l’expectative.

En effet, alors que l’Angola, le Nigeria et l’Algérie, les trois principaux producteurs de pétrole africains, affichent respectivement 177,32 FCFA, 192,71 FCFA et 197,70 FCFA faisant d’eux les pays africains où le litre d’essence coûte le moins cher, le Gabon avec ses 605 FCFA le litre apparaît au contraire comme l’un des pays où l’essence coûte le plus cher…au monde. A titre de comparaison, le prix moyen de l’essence dans le monde est de 550.40 FCFA, ce qui représente 90% du prix au Gabon.

Placé loin devant des pays comme la Russie ou l’Arabie saoudite, qui sont les principaux exportateurs de brut dans le monde, le gouvernement gabonais peine donc à mettre en place ou simplement appliquer un mécanisme qu’il a luimême institué et qui devait permettre d’alléger le porte monnaie de sa population, dans un contexte d’incertitude grandissante liée à la pandémie de Covid-19. 

Si la crainte d’une double peine (baisse simultanée des recettes générées par l’activité pétrolière et baisse des recettes provenant de l’ajustement mécanique des prix des carburants) comme le soulignait Raymond Ndong Sima, peut expliquer cette latence du gouvernement, qui n’a jusquelà baissé les prix à la pompe que le 1er avril dernier, elle ne saurait justifier ce refus d’ajustement de la part d’un gouvernement qui pourtant n’hésite pas à surenchérir les prix à la pompe en cas de hausse du prix du baril.

Dans un contexte où pertes de revenus des professionnels du transport du fait des restrictions imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du virus, se mêle à la fois au chômage technique de nombreux employés et à la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, cet ajustement pourrait pourtant soulager de nombreux consommateurs.

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Mouss Gmt
Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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