vendredi,22 janvier 2021
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«Aux jours de Paco, L’Astre Immortel», ou quand l’écriture se meut en thérapie

« Longue était cette nuit,

ta douleur était mienne,

nos mains s’épousant

nos cœurs soupirant

nos regards impuissants

nos bouches implorant Dieu

le sein d’une mère

le sein d’une mère est douloureux ».

C’est par cette strophe mélancolique que débute le poème « Fils, Paco » tiré du recueil de poésie Aux jours de Paco. Co-écrit par Benicien Bouschedy et Denise Landria Ndembi, cette œuvre sonne comme une thérapie à l’aune de la perte d’un être aimé, une ode à l’amour que porte une mère séparée de son fils.

Au cours d’un entretien accordé à Gabon Media Time, Denise Landria Ndembi nous a signifié la genèse de l’écriture de cette œuvre parue aux Éditions La Doxa en octobre 2020. « Aux jours de Paco, c’est l’hommage d’une mère pour son fils qui a pris le chemin de l’éternité ». C’est en ces termes sanglotants que l’autrice a résumé assez brièvement ce recueil de poèmes.

Dans ce recueil de plus 56 pages, Denise Landria Ndembi et Benicien Bouschedy dépeignent, dans un style pour le moins particulier, la vie du jeune Paco qui, un 12 mai 2018, tel une comète, a tiré sa révérence à 24 ans alors qu’il venait de terminer ses études d’infographie. Une disparition qui aura laissé des meurtrissures à sa génitrice et qui l’aura conduite au bord de la dépression.  

Soutenue par le jeune écrivain Benicien Bouschedy, auteur des plusieurs œuvres dont Silences de la Contestation, Rêve Mortel ou encore Cendre de Maux, Denise Landria Ndembi  trouve dans l’écriture un exutoire, une sorte de thérapie pour faire le deuil de celui « qui avait encore de l’amour à donner ». « Paco à l’époque était mon fils unique, il venait de terminer ses études mais malheureusement. Depuis sa naissance, on lui avait diagnostiqué une drépanocytose que nous avons toujours su gérer. Mais en 2018, les choses se sont passées autrement jusqu’à son départ », nous a-t-elle confié, le cœur en larme, les yeux lourds de souvenirs.

Aux jours de Paco, c’est donc cela, l’émotion du témoignage pour une vie présente et désormais absente. Éternellement. En posant ses larmes sur feuille, Dénise Landria Ndembi se sent aspirée par la déréliction et la perte qu’elle ressent comme une chute sans fin. Mais grâce à l’écriture qu’elle définit comme « une thérapie » face à la douleur et, aussi, le « regard des gens » après le décès qui « vous tue une deuxième fois », l’écrivaine émerge peu à peu même si dans son âme meurtrie, cette absence demeure.

« Ombre de mon être maternel

fuyant des regards accusateurs

me vouant aux gémonies

pestiférée du jour

où la douleur n’est point accompagnée de larme

les mots sont du sang dans mon cœur

les bruits sont des fonds non sonores

les larmes de torrents arides », clame-t-elle dans un vers qui décrit les péripéties auxquelles l’autrice a été soumise mais qu’elle a désormais pu exorciser.

Pour Benicien Bouschedy, « Aux jours de Paco est une écriture horizontale qui répond à la poétique du deuil que traverse chaque humain. Deuil d’hier, deuil d’aujourd’hui ».

Il faut dire que dans cette œuvre, le poète de Malinga retranscrit et donne la voix aux caricatures du jeune Paco. Mais il y évoque aussi ses espérances d’homme, ses désespérances et son abattement. Une sensation présente dans les poèmes « Il me disait… » et « A notre horizon ». Selon le poète, cette œuvre dit la promesse d’une rencontre, dans une autre vie. « C’est mon deuil à moi en tant qu’oncle, en tant que poète, en tant qu’homme. Ce deuil, c’est celui d’un poète habité des pensées, d’un oncle détruit par la solitude mais d’un homme renforcé par des sentiments de désillusion dans un monde où tout est appelé à se séparer, à fuir, à se taire avec la promesse d’une meilleure vie dans l’éternité », explique-t-il.

Aux jours de Paco est donc une œuvre à lire, un prétexte de questionnement du sens de la vie, avec des poèmes qui invitent l’homme à résister au désastre de la mort.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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