mardi,22 septembre 2020
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Autocensure, sanctions, ingérence de l’exécutif: les plaies de la presse gabonaise

Avec la recrudescence des sanctions infligées tous azimuts par la Haute autorité de la communication (HAC), il était indéniable que la position du Gabon à l’édition 2019 du classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde elaboré par Reporters sans frontières (RSF) allait prendre un coup. Pour l’organisation qui y voit une « Inquiétante érosion de la liberté de la presse » les restrictions imposées au journaliste ne sont pas de nature à rassurer.

Classé à la 115ème place sur 180 pays, le Gabon perd sept places par rapport à 2018, où il occupait la 108ème position. Ce rang est la conséquence des multiples tracasseries dont sont victimes depuis plusieurs mois les médias du pays. En effet, au nombre de celles-ci on peut citer la réduction drastique de la subvention qui obère considérablement le bon fonctionnement de ces entreprises qu’elles soient privées ou publiques.

Selon RSF, « sous le régime d’Ali Bongo, la culture d’une presse indépendante n’est pas encore établie, la majorité des publications est partisane et l’autocensure est largement pratiqué ». L’organisation note d’ailleurs que les reportages et enquêtes critiquant le président ou son entourage ont « conduit à une inquiétante multiplication des sanctions touchant aussi bien la presse nationale qu’un média étranger ». Des sanctions portées à tout vent par la Haute autorité de la communication désormais désignée par les journalistes comme le « père fouettard de la presse gabonaise ».

L’une des difficultés rencontrées également par les journalistes est les ingérences de l’exécutif dans la ligne éditoriale des médias audiovisuels publics. Dans ce registre, l’opinion a encore en mémoire le bras de fer entre le Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM) et l’ancien ministre de la Communication Alain Claude Bilie-By-Nze.

D’ailleurs c’est ce dernier qui était à la manoeuvre pour l’adoption du Code de la communication de 2016 tant décrié par la corporation. « S’il dépénalise les délits de presse, il prévoit des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique », relève Reporters sans frontière.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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