Augmentation du nombre de députés : Mayila dénonce «une turpitude qui va couter chère»

Louis Gaston Mayila, président de l'UPNR © GMT

La question de l’augmentation du nombre de députés continue de susciter des réactions au sein de la classe politique gabonaise. Certains y voient une grande avancée démocratique issue du dialogue politique initié par Ali Bongo, tandis que d’autres, comme le président de l’Union pour la nouvelle République, Louis Gaston Mayila, y voient une décision incompréhensible au regard de la situation économique morose que travers le pays.

Au terme du communiqué final du Conseil des ministres du vendredi 26 janvier dernier, le gouvernement a adopté le projet d’ordonnance actant du passage du nombre de députés de 120 à 143. Une mesure déjà décriée dans l’opinion nationale et plus particulièrement dans l’opposition qui y voit une occasion supplémentaire de jeter de l’argent par les fenêtres.

Pour le leader de l’UPNR, sa position à ce sujet n’a pas changée d’un iota depuis des années; relevant qu’à l’époque, il avait déjà fustigé le déséquilibre observé au sein de l’assemblée nationale. «J’ai dit qu’il y a des députés qui sont élus par 5000 électeurs et d’autres qui sont élus par 500 électeurs et je pensais que le découpage allait avoir pour objectif d’équilibrer les circonscriptions électorales. Or je me rends compte en écoutant ce que vous venez de me dire que l’objectif visé n’est pas celui là. Ce n’était pas d’augmenter le nombre de députés mais d’équilibrer les circonscriptions électorales»; a t-il relevé.

Il a, par la suite, émis des doutes sur la volonté du gouvernement dirigé par Emmanuel Issoze Ngondet de réduire le train de vie de l’Etat. «On sait que 120 députés c’était déjà bien pour notre population. En passant à 143 sans expliquer les raisons de cette augmentation, je pense qu’on va là encore dans une turpitude qui va nous coûter chère»; a regretté Louis Gaston Mayila.

«Ça ne m’arrange pas. Je dis bien que c’est une turpitude qui va coûter cher à l’Etat. 143 députés c’est lourd quand on sait que les finances de ce pays sont à même le sol, quand on sait que la moitié des activités économiques sont en berne parce que grève à la poste, à la douane, au trésor, etc. Donc il n’y a rien pour produire. Et là je crois que quand on analyse le budget, la part propre de l’Etat dans ce budget est tellement infime qu’aujourd’hui injecter encore 143 députés je trouve ceci exagéré. On va de mal en pire»; a t-il martelé.

Revenant sur l’élection législative à venir, l’ancien président du Conseil économique et social a confirmé sa participation à ce scrutin. «Je vais aux élections parce que pour un homme politique et un parti politique, ne pas aller aux élections, c’est donner raison à ceux qui seront présents. La chaise vide ne profite qu’à ceux qui sont présents. Mal organisées, mal conduites, mal proclamées, j’irai aux élections», a t-il martelé.

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