Au nom du père, du fils et de la République familiale

Cette trinité semble depuis plusieurs décennies maintenant, le principe gouvernant la Nation gabonaise, au vue de ce qui paraît être le socle du personnel politique, où le pouvoir se transmet de père en fils ou fille, d’époux à épouse, d’oncle à neveu ainsi de suite. Au risque de froisser les sensibilités des uns et des autres, il y a lieu de se demander sur quelle base la Nation gabonaise devrait-elle continuer à admettre l’hégémonie pernicieuse d’une famille, d’un clan, d’une ethnie, alors que nous tentons de construire depuis le 17 août 1960 une Nation digne de se présenter comme un modèle de démocratie et de gouvernance égalitaire dans le concert des Nations.

En effet, depuis la nomination du nouveau gouvernement, des critiques virevoltent de plus en plus pour décrier ce qui s’apparente non seulement comme une équipe gouvernementale cosmétique, mais certaines s’attardent désormais sur un fait qui semble désormais être le leitmotiv dans le choix du personnel politique. La question de la représentation d’une même famille sur l’échiquier politique gabonais.

Sans vouloir offenser la bien pensante de notre intelligentsia politique, qui justifie certains de ses choix par la compétence avérée de nos compatriotes, il y a lieu de se questionner sur le sentiment éprouvé par le bas peuple. Nous les vils serviteurs de l’oligarchie établie, lorsque des membres d’une même famille se retrouvent à la tête de deux voir trois organes étatiques.

Pour comprendre les enjeux que revêt ce billet, il faudrait se remémorer brièvement la notion de République tel qu’énoncé par la philosophie des Lumières qui est au fondement de ce principe universel. Ainsi, selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia le mot «république»  provient du latin res publica qui signifie au sens propre «chose publique» et désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. Dans l’esprit des Lumières et en s’appuyant simplement sur Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau la définit comme «tout État régi par des lois, sous quelque forme d’administration que ce puisse être ; car alors seulement, l’intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain». Le terme est clairement synonyme de «gouvernement», de «bonne gouvernance».

Ainsi, dans cette imbroglio étymologique, nous dirons le plus simplement que la République est ici ce  régime politique accessible  à tous ses citoyens et est la propriété collective de tous. En transposant ce principe sur le contexte gabonais, nous avons malheureusement le sentiment que ce principe adopté par notre pays est depuis plusieurs années foulé au pied pas nos Ô combien grands hommes politiques.

Le citoyen lambda, sans nom, a depuis toujours l’impression que cette République établit pourtant par la mère des lois, n’est qu’un lointain rêve qui ne se concrétisera jamais pour lui. Pourtant, usant d’ingéniosité, nos politiques ont trouvé le moyen de nous faire miroiter cette utopique ambition, en offrant simplement le choix de la soumission, avec résultat immédiat pour les ambitieux la promesse d’un désenchantement lorsque la “bise fut venu” : comme le souligne une célèbre poésie.

Au demeurant et cela ne peut être démenti, il s’est établi une sorte de république familiale, une république de l’enfant de, une république de la femme de. Oui, comme nous le disions au préalable, sans vouloir offenser le nom du père, du fils et  de la sainte république familiale, la Nation gabonaise est une et indivisible et chacun de ses enfants méritent d’être acteur de sa construction. Mais pour arriver à ce processus qui donnera le sentiment à chaque gabonais d’être un citoyen avec toute ses chances, il y’a lieu de réfléchir  sur l’image que ceux qui sont déjà au commande donne à ceux qui esperent, car un espoir en vain peut amener à un ultime acte de désespoir.

Laissez votre avis