Assurance scolaire : où vont les frais payés par les parents et l’Etat ?

A quelques deux semaines de la rentrée scolaire, il apparaît nécessaire d’évoquer la question de l’assurance scolaire, dont le fonctionnement est méconnu des parents d’élèves, même si ceux-ci s’en acquittent chaque année. Une enquête minutieusement menée permet de comprendre l’imbroglio qui règne autour  du versement de ces frais qui à priori devraient garantir la sécurité et le suivi en cas de dommage de chaque enfant scolarisé.  

Pour comprendre le sujet évoqué, il faudrait en premier lieu définir ce que l’on entend par assurance scolaire. Ainsi, une assurance est un service qui fournit une prestation lors de la survenance d’un événement incertain et aléatoire souvent appelé «risque», plus précisément l’assurance scolaire garantit les dommages qu’un écolier, un collégien ou un lycéen, pourrait occasionner à un camarade ou un tiers, mais aussi ceux qu’il pourrait subir. Au Gabon celle-ci est obligatoire.

Selon Fulbert Metoghe technicien des assurances, il existe au Gabon deux régimes d’assurance scolaire. Le premier qui concerne les établissements publics et assimilés (les privées confessionnels et les privées reconnu d’utilité publiques) est exclusivement payé par l’Etat chaque année. Ainsi, c’est près de 300 million de Fcfa qui sont reversés à l’établissement d’assurance NSIA au titre de police d’assurance pour tous les apprenants sur l’ensemble du territoire.

Mais le constat est amer concernant le suivi effectif de cette prise en charge. Il n’est pas risqué de dire que depuis des années, l’enveloppe allouée au titre de l’assurance scolaire ne profite malheureusement pas aux bénéficiaires que sont les élèves. En effet, il est facile de constater dans l’ensemble des établissements publics du pays que chaque fois qu’un enfant subit un dommage, ce sont les parents qui sont appelés en urgence pour une prise  en charge. Et cette état de fait a eu pour conséquence des drames au sein des établissements.

Par ailleurs, l’autre régime d’assurance scolaire concerne les établissements privée laïc, qui selon la loi, doivent souscrire à une police d’assurance chaque année auprès de l’opérateur de leur choix. Toutefois, deux questions se posent concernant non seulement le montant de ces frais qui sont à la charge des parents, et si cette manne est bien versée aux établissements d’assurance. l’expert, Fulbert Metoughe lève le voile sur le fonctionnement de ce pan. Il soulève comme premier problème la question des montant exigés par ces établissements, ces derniers, au delà de l’exigence légale qui fixe le montant de l’assurance à 1 000 Fcfa, prendraient jusqu’à 3 000 Fcfa voir 5 000 Fcfa. Mais le principe juridique voudrait que ce sont ces sommes qui soient versées à l’assureur, sauf que lesdits établissements ne respectent pas ce principe.

Pis, ces établissements se livreraient à une forme de malversation financière et d’enrichissement sans cause. Après avoir collecté les montants auprès des parents, ceux-ci ne vont pas reverser cet argent aux assurances. Ce qui a pour conséquence de mettre en danger les élèves.  

D’ailleurs, Fulbert Metoghe a révélé qu’avec des associations de parents d’élèves, il avait assigné à comparaître 15 parmi les 150 établissements auteurs de cette pratique.

Une situation qui devrait interpeller le gouvernement, d’une part pour connaître la destination que prend l’enveloppe allouée au titre de l’assurance scolaire, mais aussi,  sanctionner les établissements privés qui se rendent coupable de ces pratiques d’escroquerie.