Appel au sursaut des patriotes indépendants de Persis Lionnel Essono Ondo

Persis Lionel Essono Ondo Juriste , Secrétaire Exécutif de REAGIR © D.R

Cher(e) s compatriotes,

Est-ce que, c’est ce Gabon abîmé par le mensonge et l’avidité de ses élites que nous voulons léguer à nos enfants ?

Cinquante -huit ans après les indépendances, qu’elle est l’intérêt d’une base militaire française au cœur de Libreville ?

Jusqu’à quand, le Président de la République française va choisir les dirigeants de notre pays contre les suffrages du peuple gabonais ?

N’ayons pas peur de nous interroger, le Gabon est notre seule ambition. Au nom du politiquement correct les acteurs politiques gabonais de tout bord ont souvent évité de telles interrogations. Or, s’interroger permet de réfléchir au sens véritable du combat qui est le nôtre.

Qui sont les ennemis de la démocratie gabonaise ? Où sont nos véritables adversaires ?

Cher(e) s compatriotes,

Je me nomme Persis Lionel ESSONO ONDO, je n’appartiens à aucun parti politique, je ne chante les louanges d’aucun leader politique, j’ai voué les dix dernières années de mon existence à combattre le régime décadent d’Ali Bongo Ondimba.  En 2016 aux côtés de Jean Ping et de la Coalition pour la Nouvelle République, j’ai défendu l’idée d’un Gabon nouveau. Je crois à la réappropriation du Gabon par son peuple ; Je crois en notre indépendance ; Je crois au multilatéralisme ; je crois à l’amitié des peuples du nord et du sud ; je crois en l’unité africaine.

Convaincu que personne ne peut changer le Gabon sans les gabonais, je réaffirme ici que seul un sursaut patriotique peut nous mettre à l’abris de la guerre civile et du suicide collectif. En effet, sans l’engagement résolu des Patriotes de tout bord, le Gabon peut s’arrêter. Or, le Gabon immortel doit continuer. Il doit naître de nouveau.   

Peut-on changer le Gabon avec le concours de ceux qui ont participé à son déclin ?

Oui, je le crois. En 2009, j’ai cru en Casimir Oye Mba, un ancien Premier Ministre d’Omar Bongo. En 2016, j’ai accepté la fonction de Porte-Parole du Candidat Jean Ping, ancien pilier du régime d’Omar Bongo. Le Gabon est notre héritage commun. Croire le contraire, c’est jeter en pâture les 70% des hauts fonctionnaires qui font vivre l’Etat et ses institutions au quotidien depuis des décennies. Notre pays ne sera pas le Rwanda du 21e siècle.   

Aujourd’hui, la situation que connaît notre pays, impose à chacun de nous une action concrète et positive. L’Histoire ne nous pardonnera pas de s’être contentés d’incessantes récriminations sur notre sort. Nous devons faire quelque chose, absolument quelque chose pour sortir notre pays de la situation actuelle. Ne pas agir, ne pas réagir c’est cautionner.

L’absence de justice, avant tout, le fait que le pays se soit enfoncé dans une corruption généralisée, quasi institutionnalisée, s’éloignant de toute forme d’intégrité. Les Gabonais en ont assez d’être trahis, ils en ont assez de cette vie impossible. La justice doit établir les responsabilités par le droit et par équité.

Le Gabon est un pays très fragile. Nous subissons encore les séquelles de la colonisation et de la fausse décolonisation : Peu avant le référendum de septembre 1958, les territoires qui auraient opté pour la Communauté devaient choisir entre le statut de territoire français, celui de département français et celui d’État membre de la Communauté. Contre toute attente, le Conseil de gouvernement du Gabon, dont, dont le président est Léon M’Ba, opta pour la formule de département, comme la Martinique ou la Réunion.  

Nous avons besoin d’une thérapie, qui n’a jamais vraiment commencé. Personne ne peut comprendre ce qui se passe dans ce pays s’il n’accepte l’idée que cette période de son histoire le marque très profondément, aujourd’hui encore. Cette thérapie est un travail de longue haleine, qui consiste avant tout à redonner leur fierté aux femmes et aux hommes de ce pays, leur fierté aux Gabonais. Nous avons dépassé le stade où nous voulions ressembler aux anciens colons et rester un département français. Mais les divisions apparues au lendemain de la pseudo indépendance, ont été savamment exploitées par le colonisateur et mis à profit pour perpétuer sa maîtrise sur nos ressources.

Au fond de sa cellule, l’ancien Président ivoirien, Monsieur Laurent GBAGBO fait échos à cette obsession de la France à agir contre les intérêts des peuples en Afrique francophone. Oui pour le fils d’Afrique, sa popularité, son amour pour son peuple dérangeait la France qui, a toujours préféré les pantins aux patriotes. Aimer la France n’est pas un crime, mais tous ceux qui proclament leur amour pour leur pays ont payé au prix fort cet élan naturel. De Thomas SANKARA à Sékou TOURE.  Dans un livre au titre évocateur « Libre », Laurent GBAGBO invite les Français à s’occuper “d’Ali Bongo Ondimba, qui n’est rien, même dans son propre pays”. Pour lui, Ali Bongo a le profil idéal que les français aiment et estime que « c’est une erreur à moyen et long terme ». Ce propos est juste, il explique mieux que toute autre déclaration, l’hypocrisie d’une certaine France qui cautionne le mensonge des autorités gabonaises face à la disparition d’Ali Bongo Ondimba depuis trois mois. La France a-t-elle perdue son âme au Gabon ?  

Nous devons bâtir une nation gabonaise. Je parle de « bâtir », et non de « rebâtir », car ici il n’y a jamais rien eu de solide. En fait, le Gabon a toujours été jusqu’ici une colonie d’exploitation depuis l’arrivée sur ses rivages des Portugais en 1471 et 1473, il y a plus de cinq siècles. Ce pays ne cesse de subir. En fait, le Gabon est à terre depuis son pseudo indépendance, avec un régime prédateur imposé par les exploiteurs. Et cet état de chose s’amplifie aujourd’hui sous le slogan « émergence ! ».

C’est pourquoi, je viens humblement demander à chacun de vous, de mener une réflexion personnelle, en vue d’une mobilisation populaire pour un véritable mouvement pour l’alternance au régime décadent de Monsieur Ali Bongo Ondimba, placé en curatelle au Maroc par les faucons du régime, au mépris de toutes les règles du droit international.

Un tel rassemblement s’avère aujourd’hui un impératif de premier ordre pour tous ceux qui ont encore pour notre pays, un grain d’attachement à la patrie gabonaise, et un quelque sens d’honneur et de dignité.

Notre Patrie gabonaise est en danger de mort. Nous ne pouvons plus rester indifférents face au drame auquel est confrontée notre nation. Notre peuple est aujourd’hui meurtri dans ses racines les plus profondes.

Nous avons à faire à un pouvoir d’occupation, à un monde sans foi, dont l’état de délabrement moral des dirigeants est devenu persistant. Ou plutôt leur état de confusion mentale quand, devenus puissants parmi les puissants, ils ont cru pouvoir user de l’argent public volé pour corrompre la jeunesse, symbole de l’avenir d’une Nation. Les ministres, les administrateurs et autres agents de l’Etat, par leurs comportements, sont d’une certaine manière, les archétypes d’un régime et d’un mode de fonctionnement de l’Etat, érigé en règle, où l’on croit que ce qu’on dirige est à soi, où l’on pense que les biens d’une société que l’on préside sont les siens, où l’on veut forcément « sa part de gâteau » parce que celui qui est à la tête de l’Etat croque.

Dans ce régime, l’argent a tout corrompu. Même ce qui devrait être une vertu, assurer en toute honnêteté sa mission de service public. Malheureusement, lorsque se développe ainsi le cancer des combines perverses et des viols, la société tend à se décomposer elle-même. C’est ce que connaît la société gabonaise sous Ali Bongo Ondimba.

Depuis trois mois, le Gabon est dirigé par un hologramme et les plus hautes autorités de l’Etat s’évertuent à manipuler le peuple gabonais avec des vidéos et des images truquées au lieu d’agir en patriotes afin de donner une chance à notre jeune nation. Ali Bongo ne reviendra pas diriger le Gabon.  Nous sommes dans un chaos éthique qui doit interpeller tous les gabonais. Désormais converties à la politique du Doigt d’Honneur, Marie Madeleine Mborantsuo se sert de notre Cour Constitutionnelle pour réécrire notre loi fondamentale.

Le Gabon est-il devenu la propriété de cette ancienne miss Haut-Ogooué qui doit son ascension à une relation amoureuse avec Omar Bongo Ondimba ? 

Depuis 1990, nous avons acquis une très grande expérience des méthodes du système Bongo, mais aussi une connaissance des comportements des uns et des autres. Nous savons comment les regroupements ou les tentatives de regroupements de ceux qui se réclamaient de l’opposition, depuis le FUAPO, le HCR jusqu’à la CNR en passant par les différentes Code, ont été soit manipulés par le pouvoir, soit trahis par les participants eux-mêmes.

Depuis toujours, le régime PDG a fait du mensonge et de la corruption sous toutes les formes le moteur de son art de gouverner, et sa méthode la plus efficace pour neutraliser la volonté au changement du peuple gabonais. Cette stratégie à la limite satanique a conduit les Gabonais à perdre toute confiance dans les responsables politiques, et surtout en ceux qui dirigent le pays et bradent notre patrimoine national depuis un demi-siècle de sa pseudo-indépendance politique octroyée en 1960.

Ce qui a conduit les Gabonais à l’impuissance devant le mal, et à l’apathie : « Qu’est-ce qu’on peut encore faire ? » se lamentent-ils aujourd’hui, même avec un Ali Bongo disqualifié.

Les propagandistes du potentat claironnent que l’opposition officielle qui se manifestait dans le cadre des partis politiques légaux serait moribonde. Comme si la politique du spectacle des meetings du temps des « Bûcherons », et autres exhibitions de rues étaient l’unique preuve d’une organisation politique à un régime de dictature. Ce que ces thuriféraires du régime Bongo n’osent pas admettre, et qui est manifestement le plus important en ce moment, c’est que l’opposition réelle, le rejet du système par les Gabonais s’est généralisé. Il a atteint toutes les couches et toutes les structures de la société, y compris au centre même du système.

Aujourd’hui, fort de cette dure expérience, et face à la nécessité pressante pour une mobilisation générale, guidée par des patriotes véritables, nous avons un devoir sacré d’organiser un regroupement tactique, pour relever la gageure du redressement de notre pays, apporter une alternative à la faillite retentissante du système Bongo. Il faut que les patriotes se lèvent pour engager avec notre peuple un nouveau débat, le mobiliser pour le conduire à une prise en main de son propre destin.

Aujourd’hui, les convergences libératrices, horizontales ou verticales, se sont constituées à la suite des expériences vécues depuis 1990, et avec de nouvelles énergies en gestation depuis lors au sein de notre société. Ces convergences sont à la fois, endogènes et exogènes aux partis politiques. Elles permettent de mobiliser, non les réactions des partis, mais les capacités à dominer et à transcender ces réactions partisanes, ainsi que les autres comportements d’exclusion comme l’ethnisme, le tribalisme et le régionalisme. Cette posture nouvelle conduit nécessairement au désenclavement tribal et au décloisonnement de l’embrigadement politicien des partis.

Si nous voulons épargner à notre peuple une aventure suicidaire à l’ivoirienne, la nécessité d’une force structurée face au système Bongo est plus que jamais indispensable.

Le moment est venu pour que des femmes et des hommes de notre pays se lèvent et s’organisent pour mettre fin à un régime honni par la très grande majorité de notre peuple. Il est venu le temps où les patriotes gabonais doivent mettre leur ego de côté pour privilégier les intérêts supérieurs menacés de notre pays. Le temps est venu où il nous faut recourir à de nouvelles énergies et redonner l’espoir à notre peuple aujourd’hui en colère et résigné.

Personne ne peut croire aujourd’hui que le clan qui est à la tête de notre pays depuis des décennies, et qui l’a conduit inéluctablement à la faillite totale, puisse s’améliorer et qu’il soit capable de renoncer ses prébendes et à ses passe-droits pour s’atteler au service de leurs congénères. Nous savons que ces gens sont moralement et objectivement incapables du moindre changement dans leur logique de prédateurs invétérés des ressources du pays.

Cher(e) s compatriotes,

Vous avez le droit de connaître la vérité, le temps est propice au changement véritable. Ali Bongo Ondimba est actuellement disqualifié, le clan Bongo Ondimba dans son ensemble est disqualifié. Il tente par tous les moyens à confisquer le pouvoir en violation de l’article 13 de la Constitution.

A ce jour, nous pouvons faire un choix, regarder et subir ou, REAGIR pour arrêter le mensonge et la trahison du peuple gabonais.

L’Appel au sursaut des Patriotes Indépendants n’a pas de parti politique, il n’a pas de clan. C’est l’Appel du cœur, l’appel de la Patrie. C’est ensemble que nous réussirons le pari de la démocratie et de l’Etat de droit au Gabon.  « Il y a des limites à la résistance solitaire lorsque celle-ci se révèle sans espoir ».  Ndouna Depeunaud, poète et écrivain gabonais assassiné par le Régime Bongo Ondimba.   

Je vous aime. 

Persis Lionnel ESSONO ONDO

Patriote Indépendant

Secrétaire Exécutif de Réagir

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