ANUTTC : Auguste Akomezogho traduit en justice par la société Afrique Verte

© Junior Achievement Gabon

Dans sa parution n°324 de ce mardi 25 avril, l’hebdomadaire La Loupe, révèle que le gérant de la société Afrique Verte, Michel Poussard à porter plainte devant le procureur de la République près le tribunal de première instance judiciaire de Libreville contre le directeur général de l’ANUTTC, François Auguste Akomezogho, pour violation de droits et complot dans une affaire de conflit foncier.

Hier, présentée à coups de renfort médiatique comme une des solutions appropriées à la crise du foncier et de l’immobilier au Gabon, l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) s’avère être au fil du temps un vaste réseau mafieux d’expropriation des terres. Des hauts fonctionnaires à la tête de cette agence sont de plus en plus cités dans des affaires troubles d’expropriation de terres et de trafic d’influence en tout genre.

Selon l’hebdomadaire La Loupe, le directeur général de cette agence,  l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), François Auguste Akomezogho, nommé pour apporter des solutions appropriées à la crise du foncier et de l’immobilier au Gabon n’a pas su relever ce défis. Il serait désormais présenté dans l’opinion comme «un chef de gang qui administre cette entité non pas pour permettre à d’autres compatriotes d’accéder aux terres, mais pour les en exproprier au profit d’une mafia bien huilée.» précisent nos confrères.

Revenant d’abord sur les faits, l’hebdomadaire fait remarquer que l’entreprise Afrique Verte, spécialisée dans la promotion de l’exploitation forestière, la transformation du bois et la construction de maisons en matériaux de forêt a acquis une parcelle au quartier Santa-Clara dans la commune d’Akanda courant 2001. Le directeur de cette société, Michel Poussard, voulait construire sur ce site au paysage magnifique des chalets, afin de promouvoir l’activité touristique.

Fort d’un capital de près de 500 millions de Fcfa, Michel Poussard débute les démarches administratives. Sans trop de mal, l’administration cadastrale de l’époque lui délivre une attestation de réservation foncière en 2013. La parcelle est enregistrée sous le n° 3227/DGTTC poursuivent nos confrères.

Entre-temps l’ANUTTC est mise en place. En mars 2014, le DG d’Afrique Verte écrit à François Auguste Akomezogho pour solliciter la régularisation de son dossier, afin qu’il puisse débuter son investissement. Coup de tonnerre, le DG de l’ANUTTC rétorque en indiquant à Poussard qu’il n’est pas possible de donner satisfaction à sa demande d’attribution de terrain, «ledit terrain étant situé dans les limites de l’aire protégée relevant du domaine public de l’Etat, communément désigné Arboratum Raponda Walker», « tout au plus vous pouvez saisir l’Agence nationale des parcs nationaux pour une demande de définition d’un cahier des charges en vue de vous octroyer éventuellement une convention d’amodiation» rapporte l’hebdomadaire.

Pour la Loupe, le DG de l’ANUTTC demandait à Poussard de trouver un arrangement avec les responsables de l’ANPN pour qu’elle puisse lui affecter ou céder pour une durée limitée le terrain. Intrigué par une telle réponse, l’homme d’affaires aurait  écrit au responsable des parcs nationaux pour savoir si sa parcelle est dans le domaine de l’aire protégée Raponda Walker. Lee White ne donne pas de réponse à la sollicitation de Poussard. Par ce silence, le responsable des parcs nationaux sait-il que cette parcelle n’est pas dans le domaine de l’aire protégée? «Visiblement oui.» déduit La Loupe. Ce d’autant plus qu’en investiguant auprès des services du cadastre, Poussard aurait découvert qu’en aucune manière la parcelle qui lui a été attribuée depuis des années n’est protégée.

Mieux, il aurait découvert que sa section de terrain comme beaucoup d’autres est située dans une zone aménagée attribuable. C’est-à-dire des terrains qui peuvent appartenir à des particuliers. L’homme d’affaires se rendra même compte qu’un certain nombre de personnalités de la famille présidentielle investissent sur des parcelles jouxtant la sienne. Devant autant de vérité, Michel Poussard tombe des nues. Il ne comprend pas la volonté manifeste d’Akomezogho de l’empêcher d’obtenir un titre foncier. Le DG de l’ANUTTC veut-il accaparer cette parcelle à des fins personnelles ? Pour le gérant de la société Afrique Verte, il n’y a plus aucun doute, d’où sa plainte. La mafia aurait-elle raison du droit ? Se questionne in fine La Loupe.

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