Annie Léa Meye : «On ne traite pas ses concitoyens avec arrogance et condescendance»

Annie Lea Meye, Membre de Démocratie nouvelle © D.R

Dans une réaction à l’état de santé d’Ali Bongo Ondimba et la récente sortie de Jean Ping qu’elle a postée sur son compte facebook, Annie Léa Meye a tenu à rappeler qu’il ne fallait « jamais rire du malheur de l’autre ». Candidate pour le compte de Démocratie nouvelle (DN) aux élections législatives sur le 1er siège du 1er arrondissement de Libreville, elle a fustigé successivement l’attitude des pdgistes qui du temps où André Mba Obame était souffrant se moquaient de ses partisans en larme et de l’appel au « rassemblement » lancé par le leader de la Coalition pour la nouvelle République. In extenso, l’intégralité de son post.

« Ne jamais rire du malheur de l’autre

Depuis la nouvelle de la maladie/mort/coma et je ne sais plus trop quoi de Mr Ali Bongo, chef de l’Etat, je lis des commentaires des plus sordides, des salves de joie de certains gabonais pro opposition, opposition qui aujourd’hui appelle au rassemblement.

D’un autre côté, je vois une classe politique pdgiste/émergente/ajeviste s’offusquer des railleries de l’opposition concernant l’état de santé d’Ali Bongo.

Ces émergents ont vraiment la mémoire très courte et c’est dommage.

Oh Dieu ! Toi qui est le maître du temps et des circonstances. Je ne sais pas ce qu’il en est de Mr Ali Bongo au moment où je publie ce texte. Ce que je sais comme tout le monde, c’est qu’il est souffrant et que sa famille biologique et politique s’inquiète.

A cette famille biologique et politique je voudrais dire que, nous aussi avons souffert de voir Amo malade. Nous avons souffert de voir l’état de santé d’Amo se détériorer. Nous avons souffert de voir Amo diminué et dépérir sans que nous puissions faire quoi que ce soit. Nous avons vu Amo obligé d’abandonner le combat d’une vie pour s’accrocher à la vie.

Pendant ce temps, vous vous moquiez de lui. Vous ironisiez sur son État. Vous publiez des photos de lui dans la phase ou il était le plus diminué et affaibli.

Jusque dans sa mort, vos sarcasmes ont été comme des coups de poignards pour nous.

Que dire de ce que vous m’avez fait subir pendant 1 mois en m’empêchant d’accompagner mon leader à sa dernière demeure ?

Dans les geôles du B2, j’ai hurlé à Dieu le jour où la dépouille d’Amo foulait le tarmac de l’aéroport de Libreville. Certains esprits tordus ont dit que j’avais de bonnes raisons de pleurer AMO car disaient-ils, je pleurais mon amant, le père de mes enfants. Des sornettes reprises en coeur par mes détracteurs de l’opposition. Quelle méchanceté !

Aujourd’hui, sentez vous ce que ça fait d’entendre que la personne qui est votre espoir pourrait vous lâchez par la volonté de Dieu au moment où vous vous y attendez le moins ?

J’espère que vous ne vivrez pas ce que nous avons vécu. Je ne le souhaite à personne mais sachez qu’Amo disait que votre arrogance va vous perdre. On ne traite pas ses concitoyens avec arrogance et condescendance car, ceux qui ont plus à perdre , ce n’est pas nous, peuple de l’opposition mais plutôt vous. Oui vous .

Je ne ferai pas comme vous qui personnalisez les problèmes. Nos divergences sont politiques et essentiellement politiques.

Mettez vous donc en prière pour qu’Ali Bongo revienne au bercail car s’il n’est pas au sommet de Paris, il faudra que Marie Madeleine Mborantsuo, Laccruche Alihanga, Lucie Milebou ou Issoze Ngondet viennent nous dire ce qui se passe.

A propos de l’appel au rassemblement de Mr Jean Ping .

Je reste sans mots . J’avais beau dire que les problèmes politiques n’ont de solutions que politiques, rien n’y a fait. L’opposition regroupée autour de Mr Jean Ping et sa diaspora à fait le choix de diviser en faisant de nos divergences d’idées et d’approches stratégiques de notre lutte , un lieu de règlement de compte , de division, d’injures, d’humiliation et que sais je .

Ne pas penser comme Ping c’est être contre PING. Critiquer c’est être contre PING pire, prendre un chemin différent de Ping, c’est être contre PING . Une horde s’est mise en place , encouragée par des ténors du sérail de Jean Ping sous couvert d’avatars , pour détruire des pères et des mères de familles pour peu qu’ils voient les choses autrement .

C’est ainsi que tout le monde a su que Moukagni Iwangou avait reçu de l’argent et un véhicule de Jean Ping, Oye Mba était devenu leur serpillière, René Ndemezo’o Obiang pour avoir participé au dialogue s’est vu insulté, comme s’il était parti en catimini. René Ndemezo’o avait eu l’élégance et l’honnêteté d’informer Jean Ping de sa démarche. Je ne parle pas de moi même. Ce serait trop long. Et la pauvre Dana Leizza alias Tata Huguette dont la nudité a fait le tour de la toile. Et de bien d’autres.

Nous sommes des traîtres, des prostituées politiques et que sais je encore .

Or, aucun d’entre nous n’a à aucun moment nier que Jean Ping était le président élu par les gabonais .

Après le dialogue, lorsque René Ndemezo’o passait devant les médias, il l’affirmait.

On a fini par donner l’impression que Jean Ping est le président d’une ethnie tant certains se disaient que c’est leur tour.

Que les ethno-linguistes sachent donc que l’appel au rassemblement dont ils se gargarisent n’est pas un appel pour que les gens leur servent de marche pied pour assouvir leur dessein .

Le Gabon nous appartient à tous .

Pour finir, je vous invite à méditer sur cette citation de Sainte Beuve :

“ Le coeur de l’homme est un vase profond. Lorsque la première goutte d’eau que l’on y verse est impure, l’océan y passerait sans jamais laver la souillure car l’abîme est immense et la tâche est au fond ”

Pour les jours à venir, en cas de vacance, je suis pour que l’on respecte la Constitution. Wait and see.

Annie Léa Meye M’Obam

Membre de Démocratie nouvelle »

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