Annexion du village Youkou par le Congo: toujours pas de réaction du gouvernement

En médaillon, le ministre de la Défense nationale, Etienne Massard et de l'Intérieur, Lambert Noel Matha © GMT

Suite aux révélations de l’annexion du village Youkou, dans le département de la Zadié, situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo, par des forces de Défense Congolaises, l’opinion nationale stupéfaite, reste suspendue à une réaction officielle des autorités compétentes. Ce conflit frontalier aurait déjà fait l’objet de discussion entre les deux Etats sans qu’aucune solution concrète n’ait été trouvée jusqu’à lors.

Depuis les révélations de l’hebdomadaire Le Mbandja, portant sur l’annexion par le Congo Brazzaville de cette petite bourgade, riche en or et plusieurs autres minerais, le silence et l’inertie des autorités (ministères de l’Intérieur et de la Défense nationale) surprennent plus d’un. Pourtant l’hebdomadaire affirme, dans son article que ces dernières sont belles et bien au courant de cette situation qui de jours en jours s’accentue.

Contactée par la rédaction de Gabon Media Time (GMT), une source autorisée du ministère de l’Intérieur, se montre moins alarmiste. Pour elle, «il n’y a pas péril en la demeure». Si elle ne dément pas les faits, elle ne doute point de la force d’une solution pacifique entre les deux États. «Il s’agit là d’un vieux problème, en effet, qui est présent depuis plus de 4-5 ans. Le Congo l’a reconnu, et face cette situation le Gabon n’est pas resté sans rien faire», a-t-elle affirmé.

En effet, des pays qui lui sont limitrophes, le Congo est celui qui partage la plus longue frontière, soit 1 918 km entre le nord-est, l’est, le sud et le sud-est. Sauf que, ces deux pays, depuis 1974, n’arrivent pas à s’accorder sur les limites de leurs territoires respectifs. Les éléments cartographiques faisant l’objet de divergences d’interprétation sont, dans ce contexte, restés en l’état.

Fort de ce constat, les experts des deux pays se sont réunis, les 16 et 17 octobre 2015, à Ouesso, au nord du Congo, afin d’évaluer l’état des lieux et proposer des solutions définitives à ce problème. De cette réunion de la commission technique mixte en matière de frontières, elle-même tirée du protocole signé par les deux parties à Libreville le 28 mars 2014, le Gabon et le Congo ont convenu d’organiser des missions de terrain sur les zones litigieuses, dont celle susmentionnée.

Pour notre source du ministère de l’Intérieur, la solution dépend des plus hautes autorités congolaises et gabonaises. «Nous attendons qu’un accord soit signé entre les deux chefs d’États», a-t-elle conclu.

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