lundi,26 octobre 2020
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Ali Bongo : «Pour retrouver la croissance il faut contribuer à créer des emplois dans le secteur privé»

Cette réalité, Ali Bongo Ondimba ne semble pas l’ignorer. Avec une Fonction publique dont la masse salariale est plus qu’insoutenable pour le budget de l’Etat, le secteur privé se présente comme l’alternative pour réussir le pari de l’employabilité susceptible de résoudre l’épineuse question du chômage au Gabon. A l’occasion de la célébration du 10ème anniversaire de son accession à la magistrature suprême, le numéro un gabonais a accordé une interview au quotidien L’Union au cours de laquelle il est revenu sur la nécessité de  créer des emplois dans le secteur privé pour retrouver la croissance.

A l’occasion de cette interview dont les propos étaient recueillis par Lin-Joël Ndembet et Ondoumba’Ntsibah du quotidien L’Union, Ali Bongo Ondimba a tenu à s’exprimer sur la délicate question de l’emploi. Véritable épine dans sa politique puisqu’à ce jour le chômage touche près de 40% des jeunes selon la Banque mondiale et 30% des actifs de 25-34 ans, le chef de l’Etat a été amené à répondre à la question de savoir ce qu’il faut faire pour booster l’emploi dans notre pays. 

Aux commandes du pays depuis une dizaine d’années, Ali Bongo Ondimba a par exemple réussi à hisser le Gabon au 1er rang dans la sous-région en matière de technologie 4G. Aujourd’hui notre pays est reconnu comme étant à l’avant-garde du secteur numérique et des télécommunications, une belle avancée qu’il convient de capitaliser en termes d’employabilité au regard des difficultés que rencontre l’Etat à trouver du travail aux populations dans le secteur public. Secteur dans lequel, les emplois sont gelés depuis 2017, année de la mise en oeuvre du Plan de relance économique. 

Si le président de la République Ali Bongo Ondimba reconnaît que « le meilleur moyen de retrouver le chemin d’une croissance qui soit profitable à tous, est de contribuer à créer des emplois dans le secteur privé, plus comme hier, dans le secteur public », il faut le dire, le secteur privé notamment celui du numérique est très mal soutenu par les pouvoirs publics. Les leviers pourtant prévus par la loi de finances ont été détricotés. Pour ce qui concerne la presse écrite, la subvention prévue pour le secteur privé est passée en 10 ans de 500 millions à moins de 130 millions alors que les entreprises du secteurs sont plus nombreuses. 

« Ce sont les entreprises qui sont créatrices d’emplois, et non l’Etat. Nous devons être capables, à court et à moyen termes, de créer 20 000 emplois par an dans le secteur privé formel afin d’intégrer au marché du travail tous les jeunes qui, chaque année, frappent à sa porte. Je mets aujourd’hui toute mon énergie pour que le Gabon attire davantage d’investissements étrangers », a confié Ali Bongo Ondimba au quotidien L’Union. Sauf que pour atteindre cet objectif, les décideurs publics doivent aménager les conditions susceptibles de faire des entreprises des viviers d’emplois

Lire aussi : L’Etat gabonais redevable de 8 milliards met Sodexo sous la paille

Confrontés à des impayés de l’Etat beaucoup d’entreprises se retrouvent souvent en difficultés financières. C’est le cas de Sodexo entreprise française de services installée au Gabon, leader de la restauration collective qui en août 2016 avait été contrainte de fermer boutique pour des impayés de l’Etat s’élevant à  huit (8) milliards de FCFA. Conséquence, l’Onep informait le chef du gouvernement de l’époque Daniel Ona Ondo la suppression de 450 emplois à Sodexo Gabon. 

Autre cas d’impayés de l’Etat à l’origine des difficultés d’une entreprise du secteur privé, celui de la société Averda, qui excédé par une dette d’un montant colossale de 16 milliards de FCFA a été contrainte d’arrêter ses activités mettant ainsi au chômage technique pas moins de 1000 salariés. Lambert Noël Matha alors ministre de l’Intérieur avait reçu Nicolas Achkar, le directeur du développement de la ladite société qui lui faisait état des difficultés de trésorerie dues notamment à des impayés du gouvernement, les assurances de ce ministre sont restées lettre morte au point où la société a cessé toute activité à ce jour. 

Si le meilleur moyen de retrouver « le chemin d’une croissance » profitable à tous les Gabonais, est de contribuer à créer des emplois dans « le secteur privé » comme l’affirme Ali Bongo Ondimba, le gouvernement doit fair du règlement de la dette intérieure une priorité «  réponses claires à la problématique du chômage ». Car la préservation des emplois existants est aussi importante que la création de nouveaux emplois voulue par le président de la République. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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