Ali Bongo Ondimba donne des preuves de survie?

Arnaud Mbeng Edou
Arnaud Mbeng Edou, Communicant

Le jeudi 11 Juillet 2019, dans les rues de Libreville, la scène était pour le moins cocasse. Le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba accompagné de son frère cadet, Fabrice Andjoua, directeur général du budget et des finances publiques, est apparu à bord d’un véhicule cabriolet conduit par son directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga.

Son précédent discours à la Nation du 08 juin dernier, les incessantes visites de ses pairs africains, confirmant tour à tour  l’évolution positive de son état de santé, ne semblent pas convaincre ses adversaires. Tandis qu’une frange de l’opposition, avec en tête de file, le mouvement Appel à Agir,  réclame à cor et à cri la vacance de pouvoir, une autre crie à la duperie au plus haut sommet de l’Etat, en ventilant les rumeurs les plus loufoques d’un prétendu sosie trônant au palais présidentiel, à la place d’Ali Bongo. Un faux calife à la place du vrai calife. 

Le président de la confédération syndicale Dynamique unitaire Jean Rémy Yama, poil à gratter du régime, s’est fendu d’une déclaration dans laquelle il affirmait que le chef de l’Etat est décédé. Il n’en fallait pas plus, pour que le président de la République s’offre une balade dans les rues de la capitale, un pied de nez à ses détracteurs. Une preuve de vie, pourrait-on dire.

Si cette sortie a le mérite de prouver que le chef de l’Etat est bel bien en vie, elle peut soulever une autre question à la fois transversale et horizontale. Plutôt que de parler d’une preuve de vie, cette dernière sortie d’Ali Bongo ne s’apparenterait-elle pas à une preuve de survie à la fois du point de vue humain et du point de vue politique ? 

Du point de vue humain. Ali Bongo, en se baladant dans les rues de la capitale, sans le vouloir, sans le penser, de manière inconsciente ne délivre t-il pas un  autre message ?  Oui je suis en vie, je survis, je survivrai, face aux conséquences d’un foudroyant accident vasculaire cérébral. Un accident vasculaire cérébral d’une telle ampleur, une opération chirurgicale de la boîte crânienne, des jours plongé dans un coma artificiel, et être toujours en vie peut relever du miracle. Ali Bongo survit pour retrouver ses capacités motrices et la plénitude de ses capacités mentales. Peut-être qu’il en a pour quelques temps, quelques mois, voire pour plusieurs années, avant de redevenir cet Ali Bongo enhardi, du « laisser moi avancer » que nous avons connu. 

Sur le plan politique, les enjeux sont énormes. Ali Bongo joue sa survie politique. Alors que sa santé exige du repos, il doit en même temps ne ménager aucun effort pour survivre au sommet de l’Etat. S’il doit empêcher ses adversaires de conduire le pays vers une vacance de pouvoir, il doit en même temps, contenir son propre camp contre toute insurrection et tuer dans l’œuf tout dauphin non désigné au risque de précipiter sa chute.  Et la grande muette n’est pas en reste, le coup d’Etat avorté de Janvier 2019 a laissé des traces et obligé le chef de l’Etat à veiller sur l’Armée comme du lait sur du feu…

La récession économique, les tensions sociales, la montée du chômage ne sont pas en reste. Ali Bongo joue également sa survie et celle du régime, si le thermomètre casse, cela pourrait précipiter sa chute. 

Arnaud MBENG EDOU

Communicant 

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