Akanda : Un chef de quartier réclame dix ans de salaires impayés à l’Etat

C’est en substance ce que nous révèle le tri-hebdomadaire Echos du Nord (EDN) dans sa parution n°440 de ce lundi 8 mai 2017. L’histoire abracadabrantesque d’Emmanuel Boubanda, chef de quartier d’Iyalala dans la commune d’Akanda nous montre bien les fortes disparités qui existent dans notre pays.

En effet, «depuis 2007, Emmanuel Boubanda a pris ses fonctions de chef de quartier d’Iyalala dans la commune d’Akanda, au nord de Libreville, il n’a rien reçu de son employeur, le ministère de l’Intérieur, donc l’État». Patient et battant, ce père d’une nombreuse famille, a dû se débrouiller pour subvenir aux besoins des siens. Mais, dix ans plus tard, l’auxiliaire d’administration est au bout du rouleau. Il a confié à EDN qu’il voulait que l’Etat paie ses années de travail. « Il n’est pas normal de faire travailler un individu sans même lui verser ne fût-ce qu’une quote-part pour subvenir à ses besoins. Il faut que justice soit faite», a-t-il précisé.

Mais alors que le chef de quartier Emmanuel Boubanda attend une solution de la nation pour laquelle il a tant donné, « il a vu débarquer le secrétaire général de la mairie du 1er arrondissement d’Akanda, Jean Mounoutchi, accompagné de deux policiers et de deux autres personnes. Ils sont entrés chez lui et lui ont enjoint de rendre tous les attributs de chef de quartier. Sans aucune explication, ils sont allés arracher le drapeau qui flottait sur un mât dans sa cour. Surpris, le vieil homme demanda « Ai-je commis une faute ? Avez-vous des griefs à me faire ? » en réponse les agents « lui ont tout simplement exigé de rapporter le cachet de la mairie et tous les autres éléments de la panoplie.»

Emmanuel Boubanda, n’a pas l’intention de baisser les bras, « Je n’ai pas demandé à être chef. Ils sont venus me placer chef et ils sont revenus m’enlever. Tout ce qui m’intéresse c’est de me faire payer les dix ans de services rendus. Ils ne m’ont pas averti alors que la norme voudrait qu’ils m’en parlent avant de venir. Sans aucun motif depuis dix ans, je n’ai jamais fauté vis-à-vis de l’Etat. C’est lui par contre qui me doit dix ans de salaire. Je lui ai demandé de calculer tout ce qu’il me doit pendant que j’étais à son service », a t-il affirmé.

Que font donc les autorités gabonaises face à tant d’injustice? Silence… Elles dialoguent.

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