Afrique du Sud: Jacob Zuma chassé de la présidence par son parti l’ANC !

Jacob Zuma © D.R

C’est le résultat d’un long processus politico-judiciaire. Éclaboussé par plusieurs affaires de malversations financières, le président sud-africain n’avait plus le soutien de son parti politique. L’affaire Gupta aura été le scandale de trop. Lors d’une allocution télévisée dans la soirée du 14 février, Jacob Zuma a annoncé sa démission avec «effet immédiat».

L’appel de son parti le Congrès national africain (ANC) à sa démission qu’il avait qualifié d’ «injuste» a eu raison de lui. «Il est devenu très clair pour les dirigeants de l’ANC que nous ne pouvons plus attendre au-delà d’aujourd’hui. Nous ne pouvons pas faire attendre les Sud-Africains. Si le président Zuma répond, il répondra. Mais nous, nous ne pouvons plus attendre», a déclaré dans la journée du 14 février le trésorier de l’ANC, Paul Mashatile.

Cette motion de défiance contre le chef de l’Etat a été déposée au Congrès par l’ANC en  matinée. Jacob Zuma avait déjà survécu à huit motions de défiance grâce à son parti qui possède 249 sièges sur 400 au Parlement.

Pour rappel, la police anti-corruption a mené le 14 février au matin un raid dans la luxueuse maison de la famille indienne Gupta à Johannesburg, à l’aube. Trois personnes ont été arrêtées, dont un des frères Gupta. Cette riche famille d’homme d’affaires, amis du président Jacob Zuma, est accusée d’avoir profité de ses liens avec le chef de l’Etat pour s’enrichir frauduleusement avec la complicité du président. Ils sont au cœur d’une enquête pour détournement et trafic d’influence.

On pouvait lire sur les colonnes de  RFI que c’est à la fin de son allocution télévisée que Jacob Zuma a finalement annoncé sa démission. Une démission qu’il dit motivée par la crainte de voir des violences ou des divisions au sein de son parti, l’ANC. «Aucune vie ne devrait être perdue en mon nom. Mais aussi, l’ANC ne devrait jamais être divisé en mon nom. J’en suis arrivé à la décision de démissionner de mon poste de président de la République, une décision à effet immédiat. Même si je suis en désaccord avec le leadership de mon organisation», a-t-il précisé.