Affrontements entre étudiants de l’USS et agents de police au CHUO

L’augmentation des frais d’inscription dans les universités et grandes écoles du Gabon arrêtée par le ministère de l’Enseignement supérieur ne semble toujours pas être acceptée par les étudiants. Pour preuve, ce mardi 24 octobre 2017, les étudiants de l’université des Sciences de la Santé (USS), située à Owendo dans le sud de Libreville, ont organisé une fois de plus un mouvement de contestation contre cette mesure. Une manifestation qui a vite tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Dans la droite ligne des actions menées par l’ensemble des étudiants des universités et grandes écoles du pays, les étudiants de l’USS ont organisé une manifestation pour dire “non à l’augmentation des frais d’inscription et d’écolage”. Ce, malgré le réajustement intervenu en concertation avec le ministère de l’Enseignement supérieur.

Fort malheureusement, le mouvement qui se voulait pacifique a tourné à l’affrontement avec les forces de police en fonction non loin de cette université; après l’arrestation et le molestage du secrétaire général de la mutuelle des etudiants de l’Université des sciences de la santé, Kerry Lendjendja Bouka. L’altercation qui s’est déportée jusqu’à l’enceinte du centre hospitalier universitaire d’Owendo (CHUO), avec des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogènes au sein de la structure, a connu une accalmie grâce à l’intervention de l’un des médecins chef de cet établissement hospitalier et du doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé, Jean François Meye.

C’est après plusieurs négociations entre le doyen et les agents des forces de sécurité que le secrétaire général de la mutuelle a été finalement relâché.

Interrogé par la rédaction de Gabon media time sur les raisons de son interpellation, ce dernier explique que tout serait parti  d’une histoire de chaise qu’il aurait prise pour s’asseoir alors qu’il ne se sentait pas bien. «J’ai pris une chaise et je me suis assis à l’axe du conteneur, le monsieur est venu me demander la chaise, j’ai dit à mon cadet d’aller la rendre. C’est à ce moment que les étudiants ont commencé à se fâcher. L’un d’eux  a pris la chaise et est allé la déposer, mais tout de suite après le policier est venu vers moi et a commencé à me brutaliser. C’est à cet instant que les étudiants ont ramassé des cailloux et l’affrontement a commencé»; a t-il expliqué.

Par ailleurs, il a révélé qu’il a été pris à parti par plusieurs autres policiers, indiquant que l’un des agents  «m’a emmené à l’arrière du bâtiment et il m’a frappé, et m’a appuyé les testicules et plusieurs sont venu et on continué à me brutaliser malgré le fait que j’ai précisé que j’étais le secrétaire général de la mutuelle. Ils m’ont frappé à la tête avec des bois et des pierres; d’où les blessures».

Voulant recueillir l’avis des autorités rectorales, nous nous sommes également rapprochés du doyen de la faculté, qui s’est dit surpris par la montée de tension observée ce matin au sein de l’USS. «Les forces de l’ordre était là hier et il n’y a pas eu de problème, pourquoi c’est ce matin que les étudiants arrivent avec des cailloux accompagnés des gens qui ne sont pas de la faculté?»; s’est-il interrogé.

Toutefois, il n’a pas manqué de dénoncer une immixtion de personnes étrangères à l’institution, arguant qu’il s’agit d’une manipulation politique.  «Un groupe d’étudiant pour leur appartenance politique veut simplement déstabiliser la faculté de  médecine qui marche bien»; a t-il souligné. Avant de relever que «les gens qui dirigent l’organisation des étudiants, notamment le secrétaire général et le président, font parti d’un certain groupe. Et ce sont eux qui font appel à des personnes extérieures à l’université».

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