Affaire Veolia: «l’État n’y laissera pas un seul centime», selon Patrick Eyogo

Patrick Eyogo, ministre de l'Eau et de l'énergie © GMT

Le feuilleton opposant le gouvernement et la multinationale Veolia devrait se jouer ce 20 juin devant la justice. Lors d’un entretien sur les antennes de la radio Urban Fm, le ministre de l’Eau et de l’Energie, Patrick Eyogo Edzang, a annoncé l’ouverture du procès ce 20 juin 2018 à Paris au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), qui selon lui devrait tourner en faveur du Gabon.

En effet, suite à la rupture du contrat de concession attribué en 1997 à la société d’eau et d’électricité du Gabon (SEEG), exploité par l’entreprise française, cette dernière avait choisi de porter l’affaire devant le Cirdi de Paris et confié sa défense au cabinet américain Mayer Brown. Depuis le 7 juin dernier, une conciliation s’est ouverte au sein de cette juridiction afin de régler ce différend à l’amiable.

Veolia entend négocier le versement de 53 milliards de Fcfa, représentant l’équivalent de sa participation au capital de la SEEG soit 51%. Une posture que le gouvernement n’entend pas accepter, réclamant de son côté le paiement de près de 197 milliards de Fcfa au titre de dommages et intérêts liés à la pollution de l’environnement sur plusieurs sites.

Le ministre en charge de l’Eau et de l’Energie s’est d’ailleurs voulu confiant au micro de nos confrères, estimant que la résiliation du contrat de concession s’est fait dans «les droit le plus absolus». «Nous avons réquisitionné la société parce que ça ne marchait pas donc c’est vrai que nous avons entendu beaucoup de communications de la part de Veolia qui s’est agitée mais  nous sommes restés droits dans nos bottes», a-t-il martelé.

Revenant sur l’episode judiciaire, il a relevé que le Gabon disposait d’un «dossier en béton». «Je crois que le 20 juin à Paris l’État n’y laissera pas un seul centime. Aujourd’hui Veolia en a conscience et d’ailleurs aujourd’hui c’est elle qui revient vers nous pour apaiser», a poursuivi Patrick Eyogo Edzang.

Par ailleurs, il a tenu à revenir sur la supposée dette que l’Etat aurait vis à vis de Veolia, expliquant qu’il n’en était rien. «La comptabilité a été mal faite. Le déficit en investissement est de 77 milliards et là c’est cash et ils nous doivent ça dès le départ et on peut avancer comme ça vous avez des centrales qui ont été désossées. Bongolo qui a des turbines cassées. Il s’agit de milliards pour entamer les réparations. Nous allons prendre des auditeurs internationaux mondialement reconnus et ils feront ce boulot de savoir qui doit à qui?», a-t-il martelé.

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