dimanche,24 janvier 2021
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Affaire Rinaldi: incompétence ou négligence de la justice gabonaise un an après ?

Les jours se suivent et se ressemblent pour Ida Maicha Mete Abagha mère du gamin Rinaldi Abagha Ngoua porté disparu depuis le 12 janvier 2020 au village Abbé Bidzang dans le département du Ntem dont Bitam est le chef-lieu. Une affaire pleine de rebondissements qui n’a jamais été élucidée par le parquet d’Oyem où se sont succédé Rodrigue Mfoumou Ondo et Perine Ada Obiang. Cette année le voile serat-il levé sur la mystérieuse disparition de cet innocent d’à peine 3 ans?

Que faut-il à la justice gabonaise pour que l’affaire Rinaldi soit définitivement élucidée ? C’est la question qui taraude les esprits des populations gabonaises qui peinent à comprendre le manque de diligence des autorités judiciaires dans ce dossier. Et ce, un an après que « le blanc », a été retiré de l’affection de sa mère au village Abbé Bidzang à quelques kilomètres de Bitam. Entre investigations de la famille et soutien populaire des internautes, aucune avancée significative n’est à noter à ce jour en dépit des aveux de plusieurs tiers individus présumés impliqués dans ce qui s’apparente à un kidnapping.

Des révélations pas assez solides pour la Justice gabonaise?

Au mois de Juin 2020, la famille éplorée était persuadée qu’on s’acheminait enfin vers des conclusions alléchantes. Et pour cause, rattrapée par les affres de la conscience, la compagne d’un des présumés ravisseurs de « bébé Rinaldi » a décidé de délier sa langue. En effet, Morelle Avozo’o, révélera durant son audition au parquet d’Oyem pour une autre affaire du même genre, que son mari Laurent Assecko Ella a participé à l’enlèvement de Rinaldi Abagha Ngoua. Cette dernière soutiendra que c’est Lewis Bekui Ebang, l’oncle du porté disparu, qui aurait orchestré le Kidnapping du gamin. 

À l’époque, une source proche du dossier précise même que Morelle Avozo’o aurait surpris le juge en citant 5 noms de personnes qui seraient, selon elle, mêlées à la disparition de Rinaldi Abagha Ngoua. Non sans donner des indices clés pour reconstituer la scène. Récit des faits. « Un jour mon mari Assecko était en train de fumer le chanvre avec son ami Lewis sous le manguier […] . Après une longue causerie, ils se sont levés et mon mari m’a dit qu’il arrivait. Ils se sont dirigés vers la piste qui sort à l’autre village. Ils sont rentrés vers 20 heures. A leur retour, ils avaient un enfant garçon métisse avec eux »,a-t-elle indiqué. Une description presque parfaite de bébé Rinaldi. 

Des interpellations mais pas de suites réelles

Suite à ces révélations choquantes mais tout aussi précieuses, les agents de l’antenne provinciale de la police judiciaire d’Oyem ont pu interpeller tous les présumés ravisseurs. Selon notre confrère de l’Agence gabonaise de presse (AGP), il s’agirait de Leonel Aubame Nguéma qui avait été sollicité par Lewis pour l’aider à enlever l’enfant moyennant une modeste somme de 500.000 F CFA. À lui s’ajoute Parfait Messi qui avait été approché par le même Lewis pour lui donner un de ses enfants à raison de 2.000.000 F CFA, mais il avait décliné l’offre. 

Pour sa part, Laurent Assecko Ella, le mari de Morelle Avozo’o, présumé complice de Lewis Arsène Bekui Ebang, serait même passé aux aveux après son interpellation le 13 juin 2019. « Assoko n’a jamais nié les faits, il avoue que Lewis et lui ont enlevé l’enfant », nous a confié une source proche de la famille.  Étonnement, le procureur près le tribunal de première instance d’Oyem Rodrigue Mfoumou Ondo ne s’en servira pas pour faire évoluer l’affaire. 

Une justice volontairement amorphe ?

Des déclarations maladroites, le procureur d’Oyem en commettra à foison. Ce dernier aurait-il été excédé par la vague d’indignations sur la toile? Sans doute car Rodrigue Mfoumou Ondo effectuera quelques sorties de piste pour le moins curieuses car dit-il accusé de tous les péchés d’Israël. « On s’attaque au procureur de la République, on s’attaque au gouvernement. Mais non, l’enfant n’a pas disparu au parquet de la République d’Oyem. L’enfant n’a pas disparu dans la résidence d’un membre du gouvernement ou à la primature », avait-il déclaré dans les colonnes du journal Echos du Nord. 

Une énième fuite en avant de ceux censés mettre en branle le droit, qui aura mauvais goût pour la génitrice. En réaction, Ida Maicha Mete Abagha se décidera à répondre au magistrat via une vidéo en direct sur Facebook. « À part être venu au village qu’avez-vous fait ? Même le juge d’instruction ne nous a jamais reçu. Pourquoi vous ne dites pas aux gens que c’est nous la famille qui faisons nousmême avancer le dossier en menant nos propres enquêtes », a-t-elle lancé au bord des larmes. 

Par ailleurs, Ida Maicha Mete Abagha s’est depuis tournée vers Dieu. « Je sais maintenant que la justice n’est pas de notre côté. Ils disent dans leur bureau que ce n’est pas en leur possession que Rinaldi a disparu donc ils ne bougent pas pour lui. Je n’ai que Dieu », a-t-elle déclaré en pleurs dans ladite vidéo. 

Perine Ada Obiang fera-t-elle mieux que son prédécesseur ?

Si Rodrigue Mfoumou Ondo avait tenté de justifier son manque de diligence dans le traitement de cette disparition par le fait que l’enfant n’aurait pas disparu entre les mains de la justice, les observateurs de la vie publique espèrent un changement de paradigme sous Périne Ada Obiang, procureur près le tribunal de première instance d’Oyem. L’instinct maternel et la rigueur qui caractérise la magistrate fondent au moins cet espoir. 

Occasion d’interpeller la première dame Sylvia Bongo Ondimba qui a fait de la problématique de la veuve et l’orphelin son cheval de bataille. Mais cette dévotion pour la cause des plus vulnérables, devrait s’étendre à la protection des enfants. Et tout pourrait débuter avec l’aboutissement du dossier Rinaldi.

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