Affaire PosteBank: Mabika Mouyama répond « aux mensonges de ses ennemis »

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L’ancien P-DG du groupe La Poste, Alfred Mabika Mouyama a mis sur le banc des accusés le Premier ministre chef du gouvernement, Emmanuel Issozet Ngondet, comme auteur présumé et responsable des détournements des subventions de l’Etat gabonais, allouées à La Poste. Sans passer outre les responsabilités d’Alain Claude Bilie Bi Nzé, Yves Fernand Manfoumbi, respectivement Porte- parole du gouvernement, Ministre de la communication et Ministre de l’Agriculture dans la crise de trésorerie qui secoue ce fleuron de l’économie gabonaise. Dans cette tribune libre, le natif de Mouila répond à la chronique à charge du quotidien gouvernemental L’Union.

GABON LIBREVILLE

En réponse à ces graves accusations qui pèsent sur l’actuel Premier ministre, Emmanuel Issozet Ngondet et les ministres proches d’Ali Bongo Ondimba, Alain Claude Billie Bi Nzé, Yves Fernand Manfoumbi, une bataille médiatique semble l’unique réponse du gouvernement gabonais. Au lieu que la Justice puisse se saisir de cette affaire ou que la fameuse opération ’’Mamba » s’y intéresse de plus prêt, pour que la lumière soit faite en toute légalité, on paraît assister à une fuite en avant des présumés auteurs. Et ce, orchestrée comme à l’accoutumée par le truchement des médias d’Etat ou à la solde du régime de Libreville.

La société civile, le syndicat de la magistrature et le camp de l’opposition gabonaise ont souvent décrié l’embrigadement de la Justice. L’Etat de droit et l’impartialité de la justice sont loin d’être en vigueur au Gabon. Interrogé par Info241, un professeur de droit à l’Université Omar Bongo fait cette analyse sur l’Etat de droit : « Au regard de tous les crimes rituels impunis, des scandales de corruption, de détournements de fonds publics qui éclaboussent le plus souvent les plus hautes personnalités politiques en service dans tous les gouvernements gabonais, nous sommes fortement en présence d’une Justice à deux vitesses au Gabon. »

Et de poursuivre, « car lorsque ce ne sont pas des règlements de compte avec à la manette le Palais du Bord de mer ou une famille proche du pouvoir présidentiel, le Parquet est courtois voire trop silencieux devant toutes ces bavures. Si bien que le sentiment d’impunité des Hommes du pouvoir est devenu leur règle d’or et ils s’en vantent publiquement. D’ailleurs, les exemples sont légion au Gabon. Nous sommes souvent interloqués que ces personnalités accusées ne soient pas jugées et soient promues à de plus hautes fonctions d’Etat. Une très curieuse justice gabonaise face à la responsabilité d’Etat qu’on gagnerait à reformer pour une meilleure gouvernance du pays ».

A titre de rappel, lors de la présentation de ses essais : « Du cœur à l’ouvrage. Mouila, ma ville, ma vie » et « La Poste au Gabon : Controverses & Manipulations politiques » à l’occasion d’une conférence de presse tenue le jeudi 16 février à Paris, l’ancien P-DG de la Poste, Alfred Mabika Mouyama, après plus d’un an, a rompu le silence. En exprimant sa part de vérité après une campagne médiatique orchrestée par les médias d’Etat, le désignant comme l’unique responsable des détournements et des malverations financières qui ont conduit à la crise, à la faillite de La Poste au Gabon, selon le gouvernement.

Toutefois, à ce jour aucune enquête ni condamnation judiciaire, aucune saisine du Parquet, de la Cour des comptes n’atteste de ses malversations financières véhiculées dans les médias proches du régime d’Ali Bongo. Au contraire, la Justice gabonaise a botté en touche face à la plainte déposée par l’ancien P-DG de La Poste, courant 2011, à l’encontre du ministre du Budget de l’époque (Emmanuel Issoze-Ngondet) pour cette affaire de subventions détournées de l’Etat.

Et à la lecture de l’essai richement documenté : La Poste au Gabon : Controverses & Manipulations politiques, on peut constater en annexes 1 et 2 intitulé ’’Obligation de rendre compte au Chef de l’Etat’’ et ’’Relations financières Etat / Poste S.A : dette et couverture des épargnants que depuis 2009 Ali Bongo et tous ses ministres de tutelle en charge des Finances et du Budget ont été régulièrement informés de la part de l’ancien P-DG, de l’état de déliquescence de la trésorerie suite au non versement des subventions allouées par l’Etat à La Poste gabonaise.

Pourquoi une telle omerta peut-t-elle être admise par les plus hautes autorités de la République ? Le non versement des subventions de l’Etat à La Poste gabonaise fût-t-il donc finalement d’une opération de pourrissement orchestré le Gouvernement en lien avec la Présidence ? Sommes-nous dans un cas typique d’une ’’machination politique’’ pilotée au sommet de l’Etat ? La justice gabonaise pourrait-elle enfin dire le droit de sorte que les lésés de cette affaire qui sont des citoyens, des agents, des fonctionnaires, des entreprises qui ont leurs comptes ouverts à La Poste puissent être restaurés ?

Plusieurs questions essentielles demeurent en suspend, seul la justice gabonaise et le temps pourra élucider cette affaire d’Etat. Pour l’heure, nous vous livrons dans les lignes qui suivent la tribune libre de M. Alfred Mabika-Mouyama en réponse à la chronique satirique politico-sociale, ’’Pourquoi moi quoi….Makaya’’, parue le 20 février dans le quotidien pro-gouvernemental, L’Union. A chacun de faire sa lecture !

L’extrait intégral de la chronique Pour moi quoi…Makaya

Aux mensonges de mes ennemis ! Réponse à « Pour moi quoi … Makaya » du quotidien L’union.

Lundi 20 février 2017, j’ai été l’objet d’une attaque calomnieuse et ordurière de la part de la rubrique « Pour moi quoi … Makaya » du quotidien L’union.
Oh, qu’elles sont bien loin les heures d’excellence de cette rubrique ! Aujourd’hui, à la solde de commanditaires et d’inspirateurs brumeux, des ’’scribouilleurs’’ pas plus éclairés se complaisent à diffamer et salir injustement.

Je conseille à ces commanditaires et leurs exécutants de lire mon livre sur La Poste au Gabon pour avoir des réponses à chacune de leurs questions orientées.
À la lecture, ils réaliseront que je démontre que l’argent des épargnants est bien en écriture à La Poste, mais est détenu en réalité par le plus gros débiteur de l’entreprise qu’est l’État dont la dette vis-à-vis de La Poste culmine à 101milliards de FCFA.

À l’endroit du rédacteur du « Makaya » du lundi 20 février 2017, lequel a choisi de s’adresser à moi sous le sceau de la familiarité (voir de la vulgarité), je voudrais, en prenant quelques exemples, lui apprendre que dans mon livre j’explique et prouve que :
1/- L’Etat n’a jamais payé le capital de sa propre entreprise La Poste SA créée depuis 2006 à la suite de la liquidation de Gabon Poste (1 milliard de FCFA).
2/- L’Etat n’a pas couvert totalement les avoirs des épargnants de La Poste comme l’y oblige une loi de 1972 et conformément à ses engagements pris en 2006.
En termes plus simples : L’Etat n’a pas remboursé tout l’argent de ceux qui ont ouvert des comptes à La Poste de 1963 à 2006 car à mon arrivée à la tête de l’entreprise cet argent ’’n’existait pas dans les caisses’’ (35,7 milliards de FCFA).
3/- L’Etat n’a jamais remboursé le capital de PosteBank créée en 2011 (10 milliards de FCFA).
4/- Les subventions allouées à la poste ont été pour partie détournées de leur destination par ceux qui sont sans doute ses inspirateurs et commanditaires, poussant ainsi La Poste à s’endetter auprès de PosteBank, fragilisant par voie de conséquence cette entité.

Aussi, que l’auteur du « Makaya » du 20 février et son inspirateur comprennent une bonne fois pour toute que l’argent de la Poste et des épargnants, c’est à ’’leurs amis’’ et commanditaires de le rembourser. Pas à moi. Voilà la réalité.
Tout ce que je dis est documenté et prouvé. Si je mens, alors qu’ils apportent les preuves contraires !

Car moi je ne parle pas avec des « on » comme « Makaya » qui affectionne les dissimulations. Je désigne mes interlocuteurs, fournis des éléments probants et pour mieux étayer mes affirmations j’ai pris le soin d’annexer quelques correspondances explicites dans mon livre.

Pour finir, je note que l’auteur du « Makaya » du 20 février et ses commanditaires se réjouissent de l’incarcération de certains de mes anciens collaborateurs, lesquels devraient pourtant bénéficier de la présomption d’innocence puisqu’aucune décision de justice n’a à ce jour prononcé leur culpabilité et leur condamnation.
Je ne me réjouis pas de ce qu’on veut leur faire porter. J’adresse mon soutien à ces derniers et à leurs familles injustement éprouvées.

Et je m’interroge ! Comment l’auteur du « Makaya » du 20 février et ses commanditaires peuvent-ils les déclarer coupables et responsables à la place de juges impartiaux et indépendants ? Trahissent-ils là l’idée qu’ils ont de la justice ?
En tout état de cause, leurs gesticulations visant à empêcher qu’émerge la vérité n’empêcheront nullement aux gabonais de comprendre qui d’eux ou moi ment.

Alfred Mabika-Mouyama

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