vendredi,2 décembre 2022
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Affaire Ndzoma: s’achemine-t-on vers une détention préventive illimitée ?

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Incarcéré provisoirement le vendredi 9 septembre 2022, le Prophète Emmanuel Ndzoma est désormais sous mandat de dépôt à la Prison centrale de Libreville. À l’allure où vont les choses, le leader de l’Eglise synagogue du Gabon (ESG) pourrait se retrouver à excéder le délai légal de la détention préventive qui est de 6 mois au plus en correctionnelle et 1 ans en matière criminelle.

Il est connu de tous que la Prison centrale de Libreville sise au quartier Gros-Bouquet est loin d’être un lieu de plaisance avec un standing enviable. C’est en tout cas ce que révèlent les quelques anciens détenus qui ont accepté de sortir du silence et d’interpeller les personnes qui n’y ont pas encore mis pied. Au nombre de ces dernières figure Bertrand Zibi Abeghe qui a récemment tiré la sonnette d’alarme sur le traitement inhumain infligé à certains détenus.

De quoi mettre la puce à l’oreille des juges qui décident très souvent de se débarrasser d’un dossier en plaçant le mis en cause sous mandat de dépôt. Dans les geôles de Gros-Bouquet ces personnes ne sont malheureusement pas suivies. À telle enseigne que les détentions préventives s’éternisent. C’est le cas du président de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) Pierre Alain Mounguengui relégué aux calendes grecques. 

Plus récemment, c’est le Prophète Emmanuel Ndzoma qui a été placé sous mandat de dépôt après avoir été accusé de s’être livré au charlatanisme, à l’escroquerie et causé des troubles à l’ordre public. Depuis le mardi 13 septembre, plus rien ne semble avancer. De quoi se demander si l’homme de Dieu sera soumis à une détention préventive normale ou arbitraire. Mais dans les faits ces délais légaux sont souvent dépassés sans que personne ne s’en émeuve.


Pourtant pour prévenir ces écarts entre la loi et les usages abusifs voire arbitraires, le législateur a prévu aux articles 133 et suivants du Code de la procédure pénale que la détention préventive est respectivement de 6 mois et 1 an en matière correctionnelle et criminelle avec possibilité de prolongement de 6 mois au plus. Aussi, il est admis qu’un juge décide d’une mise en liberté provisoire au bout de 1 mois. Ce qui devrait être le cas de Ndzoma qui ne représente aucun danger au sens strict du terme.

Lyonnel Mbeng Essone
Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )

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