Affaire Blaise Wada: que d’incohérences !

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Le jeudi 15 mars 2018 s’ouvrait la première audience de la Cour criminelle spéciale avec comme accusé l’ancien coordonnateur de l’Unité de coordination des études et des travaux (UCET), Blaise Wada, soupçonné d’avoir soustrait plus 1 milliard de Fcfa dans le cadre des travaux d’aménagement des bassins-versants de la capitale. Sauf que depuis l’ouverture de ce procès, des interrogations demeurent quant à la solidité de l’accusation au vue de certaines incohérences.

Arrêté en janvier 2017 puis écroué, Blaise Wada est le premier à être jugé dans le cadre de l’opération anti-corruption dénommée “Mamba”. Il lui est reproché d’avoir détourné des fonds destinés à l’aménagement des bassins versant entre 2009 et 2016.

Dans l’optique de rétablir la vérité sur cette affaire, il faut noter qu’en réalité l’Unité de coordination des études et des travaux ne s’occupait que de trois bassins-versants sur plus d’une centaine que compte le Gabon, notamment Gué-Gué, Lowé-IAI et Terre Nouvelle. La deuxième incohérence réside dans les montants supposés avoir été détournés. Dans l’opinion, la somme de 147 milliards de Fcfa a circulé, alors que selon les réquisitions du procureur de la République, il ne s’agirait que de 1,765 milliard de Fcfa. L’ordonnance de renvoi devant la Cour criminelle spéciale évoque quant à elle 1,065 milliard de Fcfa. Des différences qui laissent quelque peu songeur et qui soulèvent encore plus de questionnement.

Par ailleurs, dans le cadre du Plan complet de réinstallation (PCR), la justice évoque la construction de 11 000 logements alors que ledit projet ne fait état que de 1100 maisons dont l’état d’avancement des travaux avoisine la livraison. Incohérence !

Autre fait étrange, depuis le déclenchement de cette procédure contre Blaise Wada, la disparition inexpliquée d’éléments du dossier pouvant plaider en sa faveur, notamment la lettre en réponse de la Banque Africaine de développement (BAD) via la Facilité Africaine de l’Eaux (FAE) au Juge en charge de l’instruction de l’affaire.

Une disparition d’autant plut rocambolesque puisque dans celle-ci, l’institution financière précise clairement que le Projet relatif à l’actualisation des études en vue de l’aménagement des bassins versants Lowé-IAI, Guégué et Terre Nouvelle a été bien mené. D’ailleurs, plusieurs missions d’audit ont été effectuées et se sont soldées par la délivrance des quitus de bonne gestion.

Concernant les accusations d’enrichissement excessif, il est reproché à Blaise Wada d’avoir touché au titre de ses émoluments de coordonnateur près de 13 millions de Fcfa par mois. Des accusations qui paraissent improbables puisque l’accusé, occupait en plus de ces fonctions, le poste de directeur général du Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP), un cumul qui justifie la perception dudit salaire.

Aussi, une enquête commise par le tribunal de Libreville à l’Agence d’investigation financière (ANIF) à l’effet de vérifier les trois comptes de l’intéressé révèle que ces derniers n’ont reçu aucun argent illicite. Le solde du compte de Blaise Wada à BICIG au mois de juillet 2017, consulté par Gabon Media Time n’est créditeur que de la somme de 214 108 Fcfa.

Dans cette affaire de détournement des deniers publics, il s’agit de finances publiques, donc de la mise en branle de la chaîne de dépense publique qui implique un ordinateur de crédit et un comptable. Pourquoi alors dans ce dossier, le comptable n’est-il pas inquiété ? Incohérence !

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