Affaire Blaise Wada: détournement des deniers publics ou simples allégations ?

Blaise Wada, ancien Cordonnateur de l'UCET © D.R

L’affaire Blaise Wada du nom de l’ancien coordinateur de l’UCET continue de faire l’actualité, notamment depuis l’ouverture de son procès devant la Cour criminelle spéciale, le 15 mars 2018 dernier. Une procédure qui rentre dans le cadre l’opération anti-corruption Mamba, mais qui continue de susciter des interrogations tant les accusations qui pèsent sur lui semble improbables.

Pendant la première audience de ce procès Blaise Wada et ses avocats se sont évertués à démontrer que dans le cadre des fonds alloués par les institutions financières internationales au programme dont il avait la charge, il ne peut y avoir détournement.

Quelques heures après le renvoi du procès les éléments du Service des renseignements de la police effectuaient une descente au siège de l’etablissement d’assurance Ogar-vie. L’objectif était de récupérer les historiques des 7 polices d’assurances souscrites par des proches de Blaise Wada, en l’occurrence sa grande soeur.   

Concernant les accusations de détournement des fonds liés au projet de construction de 1100 logements, lors de son passage devant la Cour, l’ancien coordinateur de l’Unité de coordination de l’étude et des travaux a démontré qu’il était quasiment impossible de soustraire ces fonds, puisque les paiements se faisaient de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) vers les comptes des différentes entités intervenant dans le cadre dudit projet. En effet, tout l’argent inscrit n’est pas décaissé en un seul moment. La BDEAC procède par avance après avoir justifié paiements antérieures.

Pis, dans le cadre de ce projet, outre les procédures de décaissement et de contrôles strictes mises en place par la banque une commission interministérielle avait la charge de produire et valider les rapports et toutes les opérations financières liées à la gestion des milliards de Fcfa confiés à l’UCET. Il faut d’ailleurs noter qu’en matière de dépense publique, plusieurs acteurs interviennent en amont puis en aval de l’opération, notamment un ordonnateur de crédit et un comptable en l’occurrence le dénommé Luther Abouna, qui jusque là n’est pas inquiété.  

Durant l’audience on a pu noter l’incohérence du chiffre avancé par le ministère public qui parle de 11 000 logements, alors que ce projet entièrement financé par la BDEAC à hauteur de 40 milliards de Fcfa et de 22 milliards par le Gabon, concernait en réalité 1100 logements.

Lors de son intervention Blaise Wada a expliqué que le projet a été divisé en quatre composantes, notamment 8,5 milliards de Fcfa confiés à la SNLS pour les travaux de viabilisation et de préparation de la plateforme, 28,4 milliards de Fcfa à la SNI pour la construction des logements, 1,186 milliard au Bureau d’étude Syra et 1,7 milliard de Fcfa à l’UCET. Le projet a été réalisé à près de 90% soit 700 maisons achevées, 300 maisons en cours d’achèvement et les équipements collectifs achevés (établissements scolaire + dispensaire, 70 maisons en début de montage).

Un fait tout à fait curieux, lors de l’audience, l’interrogatoire de Blaise Wada par Les avocats de l’accusation a en grande partie tourné autour de ses revenus, et aux 7 polices d’assurance contractées par sa grande sœur. Au sujet de son revenu mensuel, l’accusé a expliqué, preuve à l’appui,  qu’il perçoit près de 13 millions par mois grâce aux revenus cumulés par sa fonction de coordinateur de l’UCET, mais aussi de directeur général Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP). Selon les conclusions d’une enquête diligentée par le tribunal et conduite par l’Agence nationale des investigations financières (ANIF), il en ressort qu’«après analyse des comptes de Monsieur Wada Blaise, aucun argent illicite n’a été versé».

Le procès Blaise Wada, renvoyé au mardi dernier pour audition des témoins, a été reporté à ce jeudi 22 mars sans que les véritables raisons du report ne soient évoquées dans la note de la présidente de la Cour criminelle spéciale, la juge Paulette Akolly, née Ayo Mba. A suivre…

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