Affaire Aba’a Minko : pourquoi 960 heures après aucun bâtiment n’a «sauté» ?

En détention préventive depuis le 27 juin dernier, l’ancien candidat à la présidentielle d’août 2016, doit surement réfléchir sur son avenir politique alors que l’opinion nationale attend toujours les réelles motivations de sa tentative de «coup d’Etat» du 16 juin dernier. Une manœuvre qui a laissé plus d’un observateur perplexe même si aujourd’hui on annonce l’arrestation de quatre (4) présumés complices.

La tentative de coup d’Etat qu’avait conduite Roland Désiré Aba’a Minko, qui se réclame de la Coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, n’a pas fini de faire rire certains, au regard notamment des dizaines de parodies qu’elle a inspirée sur internet. Plusieurs analystes politiques s’accordent à penser qu’il s’agissait là d’une manœuvre politicienne qui viserait à discréditer le camp de l’opposition à la veille de l’arrivée au Gabon d’une mission préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) sur la nécessité d’ouvrir une enquête pour crime de guerre et crime contre l’humanité à l’issue de la crise postélectorale.

Aujourd’hui, celui qui avait déclaré au cours d’un point de presse que : «Nous avons miné tous les ministères, si dans 72 heures Ali Bongo Ondimba ne démissionne pas, nous allons faire sauter tous ces bâtiments un à un» serait aux petits oignons en prison à en croire une source proche du dossier. En effet, celui qui a passé un moment dans les locaux de la Direction Générale de la Recherche «n’a pas connu le traitement de ses prédécesseurs qui avaient été auditionnés pour des raisons similaires, au nom du respect des droits de l’homme», nous a-t-elle confié.

Toutefois, dans une de ses sorties médiatiques, le Ministère public, incarné par le procureur de la République, près le tribunal de première instance de Libreville, Steeve Ndong Essame Ndong, avait indiqué que Roland Désiré Aba’a Minko et son directeur de campagne, Guy Arlin Nang Ango, avaient été entendus le 27 juin par le juge d’instruction, dans le cadre de l’affaire de l’intrusion du commando armé dans les médias publics et privés à Libreville, le 16 juin 2017.

Après plusieurs heures d’audition, les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt pour crimes et délits d’association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, incitation à la révolte contre l’autorité de l’Etat, diffusion de nouvelles fausses en vue de troubler la paix publique. Selon Steeve Ndong Essame Ndong, ces crimes et délits sont prévus et réprimés par les articles 68, 88, 93 et 193 du code pénal.

Par ailleurs, dans le cadre de cette enquête, le quotidien l’Union dans sa publication du 25 juillet 2017 informait de l’arrestation par les agents de la Police d’investigation judiciaire (PIJ) la semaine dernière, de quatre personnes de nationalité gabonaise. Celles-ci auraient été identifiées comme des complices de Roland Désiré Aba’a Minko. Il s’agit de Rostand Libambi, 27 ans, reparateur d’appareils électroniques, Franck Otandault, 36 ans, prestataire de services, Boris Zué, 30 ans, étudiant en 3e année de comptabilité et gestion à l’Institut national.

Laissez votre avis