Acta est fabula (la pièce est-elle jouée ?)

Arthur N'doungou, Citoyen Gabonais et cadre de l’Union nationale © GMT/D.R

Le doute n’est plus permis ! Jusque-là très silencieux et muselés sur les médias publics, les Gabonais s’expriment désormais librement sur les réseaux sociaux en donnant leurs positions sur les sujets d’actualité. C’est le cas de notre compatriote Arthur N’dougou, originaire de la ville de Moanda. Lequel parle du cas de Marie Madeleine Mborantsuo…Lecture !

« Je ne défends pas les intérêts de la famille Bongo » soutenait la Présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, dans son dernier interview à J.A. Si ce n’est le clan alors de qui défend-elle les intérêts ? Pas ceux du peuple car ses réactions sont contradictoires ou en opposition à l’article 67 de la constitution qui dispose : « La justice est rendue au nom du peuple gabonais par la Cour constitutionnelle… et les autres juridictions d’exception », elle n’a eu de cesse de tirer dans les jambes du peuple.

Opportunément, toutes les fois qu’elle s’est sentie étouffée du fait de ses actes alambiqués, la justification prévalait. De quoi devrait-elle se justifier lorsque l’on sait qu’elle s’est dévoyée de tout temps, que sa légitimité fortement érodée et pour cause… Comment expliquer les actes hors la loi posés par elle, toutes les compromissions dont elle s’en abreuve, anguis in herba (le serpent est-il sous l’herbe) ?

Nous en convenons tous, Si « aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’attribuer la souveraineté » détenue par le peuple, toute modification institutionnelle majeure qui modifie la construction institutionnelle doit passer soit par le parlement réuni en congrès des 2 chambres soit par consultation du peuple, en d’autres termes par référendum. Toute tentative d’imposer des modifications institutionnelles, sans passer par ces deux voies constitutionnelles, est donc de facto une violation de l’article 13 et s’apparente ainsi à un « coup d’Etat ». Alors un énième coup d’Etat pour qui ? Telle est aujourd’hui la question.

Rappelons que le « coup d’Etat » se définit ainsi : « une prise du pouvoir de façon violente et illégale ». Cette modification de notre système institutionnel est violente, puisqu’elle se fait sans l’avis du parlement et/ou du peuple et elle est illégale, puisque l’ajout d’alinéa ne respecte pas l’article 13 de la constitution. Quelles raisons motivent ce énième acte anticonstitutionnel ?

Et si l’état de santé du Président venait d’ouvrir la boîte de pandore. Est-elle vraiment comme le fabulent certains, la défenseure servile de la majorité ou du clan ? Cette affabilité grimacière au clan ou au PDG n’y serait peut-être qu’une gaze sur un cœur faux et sur un air aussi faux.

« Je suis juge et je resterai à ma place. J’ai suffisamment apporté à mon pays. J’ai un bilan et je ne le ternirai pas pour aller à la conquête de la présidence. Qu’ils ne voient pas en moi un adversaire. Je ne fais que mon travail. Je ne les empêche pas d’atteindre leurs objectifs, mais je suis déterminée à préserver la stabilité de ce pays. Avec mes collègues, chaque fois que nous serons saisis, nous rendrons nos décisions en droit et non en opportunité » assénait-elle et pourtant le rocher n’est pas agité par le vent. Les sages restent toujours inébranlés par le blâme ou le compliment

Mais avons-nous tous parcouru la loi organique sur la cour constitutionnelle qui se remodèle à l’écart des regards trop voyants. Voilà ce qu’elle dispose en son article 12 b : « Un Conseiller à la Cour constitutionnelle peut solliciter un mandat électif à compter de la date de la cessation de ses fonctions ».

Notre vie entière, en fait, n’est qu’une longue succession de choix désastreux, d’événements absurdes et incohérents mis bout à bout alors vu comme tel, l’inquiétude nourrit l’inquiétude. Dans l’imperfection même de beaucoup de détails, dans la succession précipitée des aperçus et le délié des mouvements, se traduisent souvent une attitude appropriée aux circonstances.

Les vraies réalités ne sont-elles pas les Idées, ces Idées qui rendent compte de l’infinité des possibles sensibles. Que se cache-t-il derrière ce trait de caractère si particulier ? Est-ce un masque pour dissimuler à autrui sa véritable nature ou est-ce un acte en préparation des années durant ? Quelle serait la deadline de cette vertu de feintise et de dissimulation ?

Que penser de sa prise de parole en scandant : J’ai un bilan et je ne le ternirai pas pour aller à la conquête de la présidence l’aporie suspecte ou la révélation d’une évidence fortement dissimulée. Toute classe ou tout individu qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général.

Ce que l’on appelle un air faux est une certaine disposition des traits qui frappe et repousse au premier abord, et dont on semble n’avoir jamais pensé à chercher la cause, quoiqu’elle soit facile à expliquer. Il est hors de doute que le sentiment, quel qu’il soit, que nous éprouvons, donne à nos traits une expression qui y est analogue, et y imprime un caractère qui indique visiblement ce qui nous agite. Or, lorsque la Présidente de la cour constitutionnelle naturellement astucieuse, méchante ou pervertie, veut cacher le fond de son âme, en elle se fait un combat entre la nature qui agit et la volonté qui comprime, entre ce qu’elle éprouve et ce qu’elle cherche à persuader ; et ce combat se représentant malgré elle sur ses traits, en détruit l’ensemble, et produit ce que nous appelons un air faux, signe certain d’une mauvaise intention. Cette dissimulation de longue date farde sûrement quelque chose de considérable, alors attendons de voir.

Arthur N’doungou,

Citoyen gabonais et cadre de l’Union nationale.

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