Abus sexuels sur mineurs: Laura Ngoulaly interpelle la présidente du Sénat

Laura Ngoulaly présidente du Collectif d’aide au mineur abusés sexuellement (Camas) © GMT

La question des abus sexuels connaît une recrudescence inquiétante depuis plusieurs années. Il ne se passe pas un mois sans que la presse ne révèle un cas de viol ou d’agression sexuelle sur mineur, cette situation interpelle non seulement les pouvoirs publics, mais aussi les organisations non gouvernementales luttant contre ces comportements qui ont des conséquences néfastes sur les victimes.

Dans un entretien accordé à Gabon Media Time, la présidente du Collectif d’aide au mineur abusés sexuellement (Camas), Laura Ngoulaly nous a édifié sur ce sujet qui ne cesse de faire des victimes dans la société. Créé en 2015, Camas a pour mission de lutter contre les abus sexuels et les violences physiques et psychiques impliquant les enfants et les adolescents.

Un exercice qui s’avère difficile et complexe au quotidien, notamment à cause du manque de financement, mais aussi parce que ce sujet demeure tabou dans la société gabonaise. «Il est souvent difficile pour les victimes d’abus sexuels d’aborder le sujet, parce que pour une majorité des cas, ces actes sont commis par un proches parents», a-t-elle  confié d’entrer de jeux.

Bien que son action n’ait pas encore d’impact important, l’association travaille d’arrache pied pour prendre en charge certaines victimes de ces comportements ignomigneux. «Dans le cadre de nos activités, nous avons déjà suivi une dizaine de mineurs et avec beaucoup de difficultés nous avons pu aidé cinq d’entre eux, notamment par un suivi psychologique mais aussi médicale», a-t-elle confié.  

L’association a travaillé pendant près de deux ans avec la Brigade des moeurs des Forces de police nationale. Cette collaboration a permis en amont de recenser les victimes. Le Camas s’st ensuite rapproché d’elles afin d’en discuter. Cette étape est d’autant plus cruciale car elle permet aux victimes de se libérer de ce poids. «Un mineur abusée ne s’ouvre pas facilement. La difficulté liée au manque de financement fait que nous ne pouvons pas nous attacher les services d’un professionnel donc nous faisons office de  psychologue pour écouter les victimes, parce que nous pensons que c’est la première étape à franchir lorsqu’on a subi ce genre d’acte», précise Laura Ngoulaly.

«Nous tenons à interpeller l’Etat mais aussi la présidente du Sénat, madame Lucie Milebou Aubusson, qui est non seulement la présidente d’une institution chargée de voter les lois mais aussi parce qu’elle est une mère, nous considérons que ce sujet devrait l’interpeller au premier chef. Il faut un véritable suivi médical et psychologique pour les victimes, c’est notre principale préoccupation aujourd’hui et pour cela nous avons besoin de l’appui du gouvernement mais aussi des organismes internationaux», a-t-elle poursuivi.

Pour rappel les violences sexuelles sont définis comme «le fait de forcer ou d’inciter [un mineur] à prendre part à une activité sexuelle. Cela constitue une atteinte à son intégrité physique et psychique, le mineur n’ayant pas la maturité et le développement suffisants pour en comprendre le sens et/ou les conséquences. Un mineur est défini selon la loi comme une personne âgée de moins de 18 ans».