Abus sexuels en Centrafrique : Le ministère de la défense aurait souhaité garder secret l’implication des soldats gabonais  

C’est du moins ce que l’on peut retenir en substance de la dernière sortie du ministre en charge de la Défense, Massard Kabinda Makaga Etienne. En effet, dans un communiqué, il a dit « regretter » la divulgation d’un rapport de l’Organisation des Nations unies faisant état de l’implication avérée des soldats gabonais dans l’affaire d’abus sexuels en Centrafrique.

Selon le ministre de la défense  « Il n’est pas de coutume pour le ministère de la Défense de communiquer sur le travail qu’il fait et particulièrement dans le domaine de la discipline militaire ».

Une déclaration quelque peu ambiguë, et qui semble faire croire que ce ministère ne doit pas rendre des comptes de ses activités aux citoyens gabonais, du moins par le truchement des représentants du Peuple que sont les députés.

Il souligne par la suite, pour « éviter que ces comportements n’entament le moral de nos troupes actuellement présentes en Centrafrique, et ne ternissent l’honneur de notre Nation, le ministère de la Défense nationale rappelle qu’il a toujours veillé à la discipline et à l’éthique du soldat gabonais en opération », il a regretté que ce rapport, censé être mis à la disposition des autorités gabonaises exclusivement pour usage officiel fait l’objet d’exploitation médiatique, déniant de ce fait le droit à l’information conféré à chaque gabonais par la Constitution de la République Gabonaise.

Par ailleurs, le ministre de la défense, Massard Kabinda Makaga Etienne a assuré que des enquêtes adéquates sont menées pour faire la lumière sur cette affaire, tout en appelant  au respect de la présomption, il a promis que les coupables seront sanctionnés de façon appropriée.

Pour rappel, Une enquête introduite par le Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies (BSCI) s’appuyant sur les témoignages de présumées victimes et témoins des faits, faisait état de cas d’exploitation et d’abus sexuels à Dekoa, dans la préfecture de Kemo, en République centrafricaine. Ce sont au total 139 victimes présumées qui avait été interrogées par le BSCI, parmi lesquelles 25 mineurs qui avaient affirmé avoir été victimes de violence sexuelle. Elles avaient identifiés 41 auteurs présumés dont 16 du Gabon et 25 du Burundi. Par ailleurs, « huit demandes de paternité ont été déposées, dont six par des mineurs » précisait le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Stéphane Dujarric.

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