A peine renommé pour remplacer la Cenap, le CGE se livre au tripatouillage du PDG

© Specimen de carte d'électeur © GMT

Depuis l’entrée au multipartisme en 1990, il n’y a de mémoire, aucune élection qui se serait déroulée au Gabon sans contestation. Entre le fichier électoral, l’organisme en charge d’organiser les élections et les institutions chargées de proclamer les résultats, la dénonciation de la fraude «propre au PDG» alimente les débats à la veille de chaque échéance. A peine renommé pour remplacer la «défunte» Commission électorale nationale autonome et permanente, le Centre gabonais des élections connait déjà des soupçons de manipulation par le parti d’Ali Bongo Ondimba.

Plus d’un an après la dernière élection présidentielle, la question sur la fiabilité des instances de légitimation des élections au Gabon n’a toujours pas fait l’unanimité auprès des différents partis politiques. Parce que le PDG est toujours indexé de fraude au sortir de chaque échéance, l’opinion proche de l’opposition ainsi que certains partis politiques l’accuse déjà de «monter des machines à tripatouiller les vérités des urnes», au moment où, au sortir du dialogue d’Angondjé, une autre instance a été désignée pour faire oublier Aboghé Ella et la Cenap.

«L’objectif de la création du Centre gabonais des élections par Ali Bongo et les tiens au cours de leur dialogue d’Angondjé ne visait que l’effacement de l’image d’Aboghé Ella de l’espace électoral. On se rend bien compte que cette institution ne compte rien de différent de ce qu’était la Cenap. Le mode opératoire sera le même. Car le système au pouvoir qui a décidé de la mise en place de cette entité avait d’abord pensé à ses avantages et plutôt qu’à ceux de l’opposition», a confié Pascal Nziengui Bouanga.

En effet, à la veille des législatives aux conséquences très déterminantes dans la gestion du pouvoir au Gabon, certains lisent une fragilité dans le camp du pouvoir qui a, depuis août 2016, du mal à faire l’unanimité auprès de l’électorat national à cause du niveau de précarité qui sévit les gabonais alors que d’autres mettent plutôt l’opposition en garde contre les manœuvres du pouvoir dont la conservation de la majorité reste le projet.

Cependant, des discours de salon de thé, les opposants d’Angondjé seraient en discorde avec les méthodes mises en place pour gérer cette institution électorale. Pour certains, «le PDG et le pouvoir Exécutif ont toujours la main mise sur la gestion de la CGE. Les membres désignés sont indirectement les choix des plus hautes représentations du système en place afin de continuer à rouler l’opposition dans la farine», a déclaré V. Mbadinga.

En changeant de nomination, a-t-on également changé d’acteurs et surtout de procédures de fonctionnement contraire à la Cenap? Les membres de l’opposition qui seront désignés dans la composition dudit bureau feront-ils le poids jusqu’au bout ou craqueront-ils comme Paul-Marie Gondjout qui avait cassé l’urne?

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