mercredi,7 décembre 2022
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8 mars: une journée dédiée aux droits des femmes qui dure depuis 112 ans

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Si chaque 8 mars, les Nations unies commémorent la journée internationale des droits des femmes, il est judicieux de préciser que cette date née d’un mythe consacre la sempiternelle lutte de la gent féminine vers l’égalité.  En effet, ce bras de fer pacifique entre genres a débuté en août 1910, à la 2e conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, à l’initiative de Clara Zetkin, militante allemande, donnant à cette journée une origine socialiste et non féministe.

Aujourd’hui encore la date du 8 mars est perçue comme la célébration de la Femme. Ce qui se chevauche avec la fête des mères qui devrait être célébrée le 29 mai prochain. Ainsi, il semble opportun de marquer la dichotomie entre la commémoration et la célébration. En effet, pour ce qui est des droits des femmes il s’agit bien plus d’un fait historique qui mérite d’être rappelé à l’histoire afin que nul n’en ignore la portée et l’intérêt. Ce qui est différent de la fête des mères qui est une date conventionnelle choisie pour honorer la femme qui peuple le monde.

Revenons à la journée internationale des droits des femmes. Contrairement à ce qui s’est longtemps répandu, ce n’est pas la manifestation new-yorkaise qui en serait l’origine. Et pour cause, cette fameuse journée n’a en vérité jamais existé. C’est en tout cas ce qu’a révélé l’historienne Françoise Picq qui a déclaré que « les origines de la Journée internationale des femmes, lancée en 1910, reposent en réalité sur un mythe ». Le but étant d’attribuer cette révolution socialiste à la montée du féminisme. Au demeurant, « les journaux américains de 1857, par exemple, n’en ont jamais fait mention », a-t-elle rappelé.

Les faits sourcés qui permettent de commémorer cette date, révèlent qu’il s’agirait plutôt d’une initiative du mouvement socialiste. « C’est en août 1910, à la IIe conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, à l’initiative de Clara Zetkin, militante allemande, qu’a été prise la décision de la célébrer », ajoute l’historienne.  À l’époque, la date du 8 mars n’est pas évoquée mais le principe est admis. Il s’agit de mobiliser la gent féminine autour d’un idéal égalitaire avec le sexe opposé et ce, « en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe ». 

Il revient donc aux femmes de par le monde de profiter de cette journée dédiée aux droits devant permettre d’optimiser leur condition sociale dans un monde encore prédominé par les hommes, au lieu de festoyer. Si fête, il y a , encore faut-il en saisir la quintessence et la portée. Il ne s’agit guère d’une acquisition de droits car doit-on rappeler que les droits les mieux respectés sont ceux qui sont arrachés et non donnés. Pour le cas du Gabon, il est encore déplorable de constater que des cérémonies soient organisées pour fêter la femme alors même que cette dernière demeure marginalisée et la première victime des violences basées sur le genre et même la spoliation. Vivement un état des lieux lucide de la situation.

Lyonnel Mbeng Essone
Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )

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