216 pointes d’ivoire saisies au Cameroun provenant du Gabon: les réactions de l’ANPN et du gouvernement attendues

Pointes d'ivoires saisies au Cameroun en provenance du Gabon © D.R

Le 12 décembre 2017, l’unité mobile du Ministère des Forêts et de la faune (MINFOF) du Cameroun, réalisait un gros coup de filet en saisissant  une importante cargaison d’ivoires et de queues d’éléphants dans le véhicule d’un colonel de la gendarmerie nationale camerounaise.  La saisie de ces produits issus du parc Minkébé a été retrouvée au village Djoum dans le véhicule du colonel. Une affaire classée sans suite du côté des autorités gabonaises mais qui interpelle l’opinion.

Dans la nuit au 11 au 12 décembre 2017,  216 défenses et 81 queues d’éléphants ont été saisies au Cameroun dans la ville de Djoum (région du Sud) située dans la partie méridionale de ce pays frontalier au nôtre. Selon les informations en notre possession, cette cargaison non moins importante provenait du parc Minkébé et avait été retrouvée dans le véhicule d’un colonel de la gendarmerie nationale camerounaise qui était lui-même à son bord. Dans une course poursuite menée par l’unité mobile du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), «le braconnier» avait réussi à semer  l’unité  du MINFOF.

Réussissant à prendre la clé des champs avec tout le butin, nous apprenons par le site Camer.be que deux personnes ont été inculpées sur cette affaire pour détention et commercialisation illégale des produits d’espèces fauniques protégées. Nous lisons dans le même site que ces derniers  ont comparu devant le tribunal de Première instance de Djoum le 19 décembre 2017. Et le colonel dont la voiture contenait le butin  avait  été conduit à Yaoundé avec les pointes d’ivoire qui ont a été par la suite remises  au MINFOF.

Malgré le flagrant délit, le colonel bénéficie jusqu’ici d’une impunité totale. Il n’a été ni arrêté, ni emprisonné, ni même suspendu. Il bénéficie certes de hautes protections, mais personne ne semble s’en préoccuper au sein de la communauté nationale ou internationale. Il est donc parfaitement libre de poursuivre ses activités de trafiquant d’ivoire et de produits illicites de la faune sauvage dans les forêts gabonaises.

De ces matières illicites issues du parc Minkébé au Nord-est  du Gabon, dans la province de l’Ogooué Ivindo, nombreux sont ces défenseurs de la faune et ONG qui demandent à quand des réactions de l’Agence nationale des parcs nationaux du Gabon et le Ministère des Forêts et de l’Environnement. Puisque depuis la révélation de ce forfait, nos autorités sont muettes comme des tombes sur cette affaire qui aborde non seulement l’aspect sécuritaire de nos parcs mais également la souveraineté territoriale du Gabon. Il est à réaliser que cette «opération commando» réalisée par ce colonel camerounais et ses deux complices représente une menace pour les espaces protégés présentes dans les forêts gabonaises.

Cette rocambolesque histoire rappelle le scandale survenu en décembre 2014 à la prison  centrale de Makokou où 55 kilogrammes d’ivoire avaient été volés. Ce dossier avait été instruit au tribunal de Makokou par la juge d’instruction Murielle Okome Ona. Les conclusions de cette enquête sont  toujours aussi attendues.

Au mois de décembre dernier, l’on a enregistré à nouveau le vol de 61 pointes d’ivoire dans les mêmes conditions.  Et pourtant, les ONG  nationales et internationales ne cessent d’attirer l’attention des autorités gabonaises sur le massacre des éléphants dans le parc de Minkébé via l’entrée de Minvoul devenue une zone poreuse.

Par Lucas Kinsley ONDO

Laissez votre commentaire

Laisser un commentaire