Turquie : nuit de chaos après la Tentative de coup d’État

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Malgré des réseaux sociaux totalement bouclés, les informations parviennent, des soldats encerclent l’aéroport Atatürk d’Istanbul, d’autres ont fait irruption dans les locaux de la télévision publique turque TRT. Les rumeurs d’un coup d’État enflent. La Turquie n’en est pas à son coup d’essai.

Déjà, en 1960, 1971, 1980 puis 1997, l’armée, garante auto-proclamée de la République s’est imposée par la force dans les affaires politiques du pays. Et pourtant, dans la soirée, un communiqué sur le site internet de l’état-major des armées lève les doutes. Un groupe de putschiste annonce « une prise de pouvoir totale dans le pays », promettant de « restaurer l’ordre démocratique et les droits de l’homme dans le pays ». L’ensemble des partis politiques de Turquie condamne la tentative de coup d’État.

Quelques dizaines de minutes plus tard, sur une chaîne de télévision, une présentatrice de la chaîne CNN Türk montre à la caméra un téléphone portable sur lequel apparaît, via l’application FaceTime, le visage du président turc Recep Tayyip Erdogan. Resté silencieux jusque-là, l’homme fort de Turquie s’adresse au pays. «Il ne s’agit que d’un groupe minoritaire au sein des forces armées », rassure-t-il. Le chef de l’État pointe du doigt la confrérie de l’imam Fetullah Gülen (exilé aux Etats-Unis), ancien allié de l’AKP, devenu aujourd’hui la bête noire d’Ankara.

Malgré la loi martiale et le couvre-feu imposés à tout le pays, Recep Tayyip Erdogan appelle la population « à se rendre sur les places et dans les aéroports ». Et l’appel est entendu. Dans plusieurs villes turques, des partisans du chef de l’État et du parti au pouvoir, l’AKP, bravent les interdictions. Les minarets des mosquées appellent les fidèles à sortir dans la rue. À Istanbul, des heurts éclatent à travers la ville. Des soldats auraient ouvert le feu contre des manifestants aux abords de l’un des ponts faisant plusieurs blessés.

Au moins 60 personnes sont mortes lors de la tentative de putsch amorcée vendredi soir. Samedi matin, le président Erdogan semble avoir repris le contrôle.

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