Trois questions à … Amiss Kombo, Colonel des Mapanes

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Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août dernier qui ont donné Ali Bongo vainqueur, votre mouvement est resté silencieux sur la crise qui s’en est suivie et qui perdure. Qu’est ce qui justifie l’absence de la Voix des mapanes sur le terrain politique ?

Merci de l’opportunité que vous me donnez de m’exprimer sur votre média une fois de plus. Vous faites bien de le souligner, nous étions absents sur le terrain, tout simplement parce qu’après l’élection, plusieurs de nos membres ont été emprisonnés, d’autres ont disparus certainement sont morts. Nous avons entamé une procédure de recherches au sein des familles et dans le quartier qui s’est avérée infructueuse. Certains parmis nos soldats sont en exil ou simplement en fuite jusqu’à aujourd’hui. Donc nous allons nous mobiliser. Nous n’allons pas déroger à nos principes, nous restons dans le combat et cette absence a été pour nous une façon de redéfinir les stratégies d’attaque, pendant ce temps nous avons pu déceler les failles, sinon les faiblesses que nous avions avant la crise, parce que évidemment il y a eu trop de mouvement, trop d’infiltration qui ont fait en sorte que certaines de nos stratégies soient démantelées par le système en place, mais nous savons aujourd’hui que les informations que nous tenons désormais sont bien protégées et que les jours qui arrivent nous allons déployer la machine de telle sorte que la mobilisation qui doit se faire va être plus dense que celle qui a été faite depuis.

L’opinion connaît  la virulence du discours de votre mouvement à l’égard du pouvoir en place et comme tout le monde le sait désormais monsieur Ali Bongo a été donné vainqueur de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle, qu’elle est la position de la Voix des mapanes quant à ce résultat ?

Comme vous le savez, la voix du mapane a été un acteur majeur lors de ce scrutin du 27 août, nous avons créé en interne, indépendamment de tous les autres mouvements sinon les partis politiques, une brigade anti-fraude spéciale Voix du mapane qui a sillonné tous les bureaux de vote, jusqu’au dépouillement des urnes, donc nous avons les résultats, les tableaux qui donnaient Jean Ping vainqueur dans la majorité des bureaux de vote sur l’ensemble du territoire, Jean Ping a été le vainqueur a plus de 60 %, de ce fait pour la Voix du mapane il est clair que ce dernier est bien le président élu par les gabonais, et qu’Ali Bongo n’est ni plus, ni moins qu’un usurpateur.

Lorsque la campagne électorale battait son plein, nous avons vu votre mouvement assez proche du député démissionnaire du Parti démocratique gabonais (PDG), Bertrand Zibi Abeghe, avez-vous de ses nouvelles ? Et quel serait votre mot de fin ?

Oui, nous avons toujours été proches de l’honorable Bertrand Zibi, il a été un véritable mentor, il a impulsé une certaine dynamique dans les mouvements de jeunesse, et il a été à l’époque avec les capistes celui qui drainait la rue, et vous savez que cette élection s’est joué dans la rue en vérité, comme on l’avait souvent dit, et nous l’avons dit aux hommes politique en réalité que les urnes en Afrique ne pouvaient pas renversé une dictature, aucune élection n’a fait partir une dictature, tout se passe dans la rue, nous avons voulu institutionnaliser la rue au côté du député Bertrand Zibi mais malheureusement il a été arrêté et nous n’avons aucune nouvelle de lui, nous ne savons pas s’il a été torturé, d’ailleurs d’après les informations qui circulent il parait qu’il est malade, pour cela nous sommes en train de tout faire pour mettre en place une dynamique pour exiger sa libération sans condition, ou qu’ils instruisent rapidement son affaire, s’ils n’arrivent pas à instruire son affaire mais qu’ils le libèrent. Donc pour nous Bertrand Zibi a été accusé à tort  parce que c’est un homme politique, ils n’ont pas le droit de le garder dans des conditions que nous ne connaissons même pas, déjà que nous savons que la prison centrale de Libreville est un mouroir.

Pour conclure, je dirais que la Voix du mapane reste mobilisée, que l’honorable Bertrand Zibi Abeghe reste dans nos cœurs, nous nous battons pour lui, et nous savons que sa libération sera certaine dans les prochains jours parce que nous n’allons pas le laisser mourir en prison et nous allons nous battre pour qu’il en  sorte.

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